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De l’assaut au sursaut : la résilience de la supply chain

09.03.2017 • 09h30
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par Matthew PERGET
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2. Exemples d’évènements marquants par typologie de risques

Pour illustrer la multiciplicité des facteurs de risque et témoigner de leurs impacts, voici une sélection non exhaustive de cinq évènements marquants, plutôt récents, qui ont pu avoir de lourdes conséquences sur les acteurs des chaînes d'approvisionnement et de production. 

Catastrophe naturelle : l’éruption de l’Eyjafjöll

Le 20 mars 2010, le massif volcanique islandais Eyjafjöll, couvert par la calotte glaciaire Eyjafjallajökull qui sera par la suite couramment associée à l’appellation de l’évènement, entre en éruption. Du 14 au 20 avril, un immense nuage de cendres volcaniques, porté par les vents, s’étend en Europe du Nord. De nombreux pays sont obligés de clôturer totalement ou en partie leur espace aérien, pour éviter tout accident causé par des infiltrations de cendres dans les réacteurs d’avion. En résulte, outre des annulations de vols passagers aux retombées économiques immenses, une paralysie du fret aérien dans une large partie de l’Europe, et ce pendant plusieurs jours d’affilé. Selon les calculs réalisés en mai 2010 par le cabinet britannique Oxford Economics, la facture de l’éruption pour l’économie mondiale a été évaluée à cinq milliards de dollars.

 

Catastrophe industrielle : l’effondrement du Rana Plaza

Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, bâtiment bangladais abritant plusieurs ateliers de confection, s’effondre sur les ouvriers qui venaient d’entamer leur journée de travail. Sous-payés et exploités, ils travaillaient pour le compte de grandes marques et distributeurs de vêtements. Plus de 1 100 personnes perdent la vie dans cet immeuble érigé sans permis de construire, symbole d’une mondialisation à outrance prônant le profit au dépit de la plus élémentaire dignité. Il a fallu attendre cette dramatique catastrophe pour que certains industriels du textile réfléchissent, sous pression et dans l’intérêt de préserver leur image de marque, à rendre leur circuit de fabrication un peu plus éthique (cf. interview Amber Road).

 

Défaillance d’un prestataire : le naufrage économique de Hanjin Shipping

Début septembre 2016, l’armateur sud-coréen Hanjin Shipping, qui n’avait pas pu obtenir de ses créditeurs de rembourser sa dette estimée à près de cinq milliards d’euros, dépose le bilan. Résultat, une soixantaine de navires, avec environ 500 000 conteneurs contenant quelques 14 milliards d’euros de marchandises, ont été bloqués dans les eaux internationales, immobilisés au large ou à l’intérieur des ports du monde entier en attente d’une autorisation de déchargement ou de remorquage. Des multinationales sud-coréennes comme LG et Samsung ont subi des pertes sèches consécutives aux retards d’approvisionnement entraînés par la chute de Hanjin, de même que des entreprises américaines qui souhaitaient refaire leurs stocks en prévision des fêtes de fin d’années. 

 

Ingénierie sociale : le faux communiqué de Vinci

Le 22 novembre 2016 à 16h05, un faux mail rédigé sous la forme d’un communiqué de presse du groupe Vinci a été relayé par l’agence de presse Bloomberg puis par d’autres médias spécialisés dans les actualités économiques et financières et des agences généralistes. Y était indiqué que l’acteur international des métiers de concessions et de la construction allait « réviser ses comptes consolidés pour l’exercice 2015 ainsi que pour le premier semestre 2016 », suite à la découverte d’« irrégularités » comptables d’un montant total de 3,5 milliards d’euros. Le message fallacieux indiquait également que la compagnie avait « licencié Christian Labeyrie, directeur général adjoint et directeur financier de Vinci ». En quelques instants, le titre d’action de Vinci chute de 19 %, avant d’être suspendu puis de rependre et enfin terminer la séance de la Bourse de Paris à -3,76 %. Le groupe n’a pas subi d’attaque informatique mais a été victime d’une manipulation bien ficelée. Les usurpateurs ont ciblé les agences de presse en sachant qu’il y aurait des chances que l’une d’entre elles publie le communiqué sans en vérifier la teneur, puis serait suivie par d’autres. Un exemple de procédé d’ingénierie social détourné. 

 

Piratage informatique : les conteneurs du port d’Anvers

En juin 2011, des pirates informatiques réussissent à s’introduire dans le système informatique du port d’Anvers, en Belgique, par le truchement de logiciels malveillants (malwares) envoyés à des employés d’agences maritimes. Opérant pour un cartel de la drogue néerlandais, les hackers ont pu localiser et effacer des registres des conteneurs qui cachaient de l’héroïne et de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud. Jusqu’en 2013, année de leur arrestation, les malfaiteurs ont pu poursuivre leur trafic en récupérant avant les vrais propriétaires des cargaisons la marchandise entreposée sans se faire repérer. Le port d’Anvers a depuis investi pour améliorer et sécuriser davantage ses protocoles d’échanges de données et de gestion des mots de passe.

 

 

Crédits photo : © Boaworm via Wikimedia CommonsCC BY 3.0
Légende : « Éruption du volcan Eyjafjöll au niveau du col de Fimmvörðuháls au crépuscule. »

BUZZ LOG
“On entend de plus en plus parler d’achat responsable et on nous demande de nous justifier sur l’aspect développement durable de nos solutions. Chacun de nos emballages est aujourd’hui considéré sous l’aspect environnemental.”
— Gérard Mathieu, directeur marketing et innovation - Smurfit Kappa
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