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De l’assaut au sursaut : la résilience de la supply chain

09.03.2017 • 09h30
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par Matthew PERGET
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4. L’Indice de résilience FM Global

Assureur mutualiste spécialisé dans la prévention, la gestion et la couverture des risques industriels, FM Global a développé un indice classant 130 pays et territoires selon leur degré de résilience, déterminé avec des données internes et externes et classifié selon différents critères.

Élaboré avec le concours d’Oxford Metrica, société de conseil spécialisée dans l’analyse statistique et la construction d’index pour les banques et les assureurs ainsi que dans l’analyse des risques et des performances pour les gestionnaires d’actifs, l’indice de résilience développé par FM Global propose une base référencée pour aider entre autres les entreprises à mieux élaborer leurs stratégies d’implantation à l’international. « Face aux risques accrus auxquels est exposée la chaîne d’approvisionnement, nous avons souhaité émettre un produit sur le marché pour mesurer l’indice de résilience de la supply chain, introduit Sophie Loeb, consultante en risques d’entreprise au sein du département Business risk consulting de FM Global. Toute une structure de recherche a été développée pour publier un indice de résilience mondial, avec 130 pays représentés, qui permet de répondre aux principales interrogations des risk managers : sur quelle base peut-on choisir les lieux d’implantation des nouveaux sites ; quel fournisseur s’avère le plus résilient ? » Appuyé sur des données croisées, émanant d’instituts politiques et économiques internationaux de références tels que le FMI et la Banque mondiale, l’indice se fonde également sur la base de données RiskMark, dans laquelle FM Global enregistre les informations issues de plus de 100 000 sites assurés par ses soins dans les différents pays répertoriés.

 

Grâce aux données recueillies auprès de ses clients, l’assureur dresse un autre indicateur, l’indice RiskMark sur la qualité du risque, servant également de socle à la constitution de l’indice de résilience. « Cet indice note les sites en fonction de leur exposition aux catastrophes naturelles et de leur niveau de résilience interne, développe Sophie Loeb. L’outil RiskMark permet de voir quels sont les établissements les mieux protégés et à l’inverse, quels sont les plus exposés aux risques. Pour évaluer le niveau de risque de chaque site, au-delà des risques incendie et équipements, il prend en compte l’exposition aux catastrophes naturelles, les risques liés à l’activité et le facteur humain. Meilleure est la note RiskMark, meilleure est la qualité du site et plus nous estimons qu’il aura une plus grande capacité à rebondir face à un évènement. » Développé en interne pour déterminer le niveau de prévention et de protection des bâtiments assurés, l’indice RiskMark est un outil évolutif. La note fluctue en effet en fonction des visites réalisées par les équipes d’ingénieurs de FM Global, qui confrontent les performances des sites à celles enregistrées dans l’historique lors de leurs précédents passages.

 

Des facteurs géopolitiques et de sécurité intérieure

Les trois principaux critères de classement de l’indice de résilience (facteurs économiques, qualité du risque et supply chain) prennent chacun en compte trois autres éléments, pour un total de neuf vecteurs pouvant faire varier la position des 130 pays. FM Global en présente le détail dans le document Questions fréquemment posées, annexe à l’indice complet : « Les trois vecteurs constitutifs du facteur économique sont le produit intérieur brut (PIB) par habitant, le risque politique et l’intensité pétrolière. Cette dernière valeur mesure la vulnérabilité d’un pays aux variations du cours du pétrole et de l’approvisionnement en pétrole. Les trois éléments qui composent le facteur qualité du risque sont l’exposition du pays étudié aux risques naturels, la qualité de la gestion de ces risques naturels et la qualité de la gestion du risque d’incendie. Enfin, les trois composantes du facteur chaîne d’approvisionnement sont la lutte contre la corruption, la qualité des infrastructures du pays et la fiabilité des fournisseurs locaux. »

 

Outre la notion de risque politique prise en compte dans le facteur économique, la sécurité intérieure, les tensions internationales et le risque terroriste ont une incidence sur la note globale des pays. Ainsi l’Ukraine, qui était classée 76e en 2014, a dégringolé en raison du conflit avec la Russie à la 107e place en 2015 puis à la 125e en 2016. La France, qui figurait 16e en 2014, a perdu trois rangs en 2015 et a conservé, malgré le risque terroriste, sa 19e place en 2016 grâce notamment « à une qualité du risque satisfaisante » selon l’observation de Thierry Masurel, directeur général de FM Global pour les opérations de Paris, relatée dans un communiqué de presse faisant suite à la publication de l’indice de résilience 2016. La Suisse, qui était deuxième en 2014 et 2015, a pris quant à elle la tête du classement en 2016 en devançant la Norvège, « dont les revenus ont chuté en raison de la baisse du cours du pétrole », a indiqué FM Global dans ce même communiqué. « L’issue du débat sur le retrait du Royaume-Uni (20e) de l’Union européenne pourrait avoir un impact sur le futur classement du pays dans l’indice de résilience », précisait déjà l’assureur en mai 2016. Reste à attendre la publication du prochain rapport de 2017 (dans lequel FM Global devrait inclure un nouveau vecteur lié aux risques cyber) pour voir si le Brexit, mais également la politique isolationniste et autoritaire du président américain Donald Trump, auront une incidence sur la note du Royaume-Uni, des États-Unis et de leurs partenaires économiques.

 

Le rapport complet de l'indice de résilience 2016 de FM Global (en anglais) est consultable et téléchargeable sur le site de l'assureur.

 


Crédits photo : © FM Global

Légende : Le laboratoire de technologie incendie du pôle de recherche de FM Global situé en Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis.

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“Nous observons une explosion du e-commerce et des besoins croissants sur la livraison de petits colis. Il est donc nécessaire de réguler cette tendance, consommatrice d’espace et de temps sur l’espace public”
— Alexandre Breuil, responsable du service déplacement pour la Métropole de Lyon
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