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Packaging et écologie : vers l'avènement d'un emballage durable

31.10.2019 • 09h27
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par Charlotte COUSIN
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2. [Interview] Guillaume Lebert, responsable du développement durable pour la division soin du linge en Europe de Procter & Gamble

Guillaume Lebert décrit les ambitions du groupe en matière de développement durable et évoque la mise en place du Tide EcoBox, conçu sans suremballage, spécialement pour l’e-commerce.

Pouvez-vous me parler du projet Tide EcoBox conçu pour Amazon aux États-Unis ?

Le projet de produit lessive Tide EcoBox a été développé spécifiquement pour le e-commerce car il s’agissait d’un format pour lequel nous enregistrions des incidents de fuite lors des transports. Le principe a consisté à supprimer l’emballage secondaire, avec une boîte servant directement d’emballage principal. Sur ce projet, nos équipes de packaging aux États-Unis ont travaillé sur le standard SIOC (ships in own container) d’Amazon qui possède l’avantage d’être reconnu par les autres vendeurs en ligne, ce qui nous permettait de réaliser un design pour l’intégralité des e-marchands sur le territoire. Pour les mêmes raisons, nous avons également développé l’Aeroflex, un liquide vaisselle, non vendu en Europe, réalisé dans un packaging soufflé dans lequel est intégré une valve, sans suremballage, et résistant aux chocs lors du transport.

 

Ces exemples de produits sans emballage secondaire pourraient-il se généraliser ?

Ces deux produits sont des exceptions car ils ont été créés spécifiquement pour l’e-commerce tandis que nous préférons développer en règle générale des emballages compatibles omnicanal. Nous designons nos produits en faisant en sorte qu’ils soient conciliables avec l’e-commerce tout en préservant leurs fonctionnalités de mise en rayon pour le retail. Nous allons continuer à travailler avec cet objectif d’éviter un emballage secondaire ou d’ajouter des éléments de packaging spécialement pour l’e-commerce. Nous n’avons néanmoins pas commercialisé Aeroflex en Europe car il est fabriqué dans un matériau qui n’est pas recyclable. Supprimer l’emballage secondaire est une bonne chose mais si c’est pour le remplacer par un emballage primaire non recyclable, cela n’a pas forcément d’intérêt. Il peut être plus pertinent stratégiquement d’avoir des emballages primaires et secondaires recyclables plutôt qu’un emballage primaire qui ne l’est pas. Il ne s’agit pas de faire de la réduction d’emballage un tout absolu.

 

Plus largement, de quelle manière Procter & Gamble réfléchit-il à son emballage de demain ?

Nous avons l’ambition, dans la division soin du linge, d’avoir tous nos emballages recyclables d’ici 2022 et de réduire de 30 % la quantité d’emballages plastiques d’ici 2025, soit 15 000 tonnes à éliminer par an. Il va devenir inacceptable pour nous et pour nos consommateurs d’avoir des emballages qui ne soient pas recyclables. Or, aujourd’hui, l’industrie du recyclage n’a pas assez de capacité car elle ne récolte pas assez d’emballages. Notre intérêt, en tant qu’industriels, consiste aussi à sensibiliser les consommateurs sur le sujet. Nous travaillons également à avoir des emballages résistants, privilégiant la réutilisation, à travers un partenariat avec le projet Loop que nous expérimentons aux États-Unis et en France. Il s’agit d’une solution e-commerce qui récupère l’emballage auprès du consommateur, le nettoie et le reconditionne pour le réutiliser entre 50 et 100 fois. Ce projet s’inscrit dans une véritable problématique de développement durable et de réduction des nuisances liées au transport e-commerce.

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