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INTERVIEW

Rencontre avec Akash Gupta, CTO et co-fondateur de GreyOrange

12.06.2019 • 12h48
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par Emilien VILLEROY
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Grey Orange

En comprenant l’humain via le machine learning, nous pouvons rendre sa collaboration avec le système robotisé plus efficiente
Sur le salon européen consacré à la e-logistique Deliver, Akash Gupta, CTO et co-fondateur de GreyOrange était venu présenter les innovations automatisées développées par la société au service de la supply chain. L'occasion de faire le point avec lui sur les futures évolutions des solutions de l'entreprise.

Quelle est l'actualité de GreyOrange aujourd’hui ?

Nous avons une équipe de 600 collaborateurs (dont 300 personnes en R&D) et sommes présents à peu près partout dans le monde avec plus de 70 000 machines en activité. Nous avons des bureaux à Singapour, en Inde, au Japon, en Allemagne pour le marché Européen et à Atlanta pour le marché nord-américain, auxquels s’ajoute une installation au Chili pour couvrir l’Amérique du Sud. Des sites consacrés à la R&D ont été ouverts en Inde, à Singapour et aux États-Unis. Du côté des centres de fabrication, où sont construits l’intégralité de nos robots, nous avons un site en activité à Gurgaon en Inde et un autre en démarrage à Atlanta aux États-Unis. Concernant nos clients, nous collaborons avec des enseignes telles que Zalando en Europe, la chaîne de décoration intérieure Sodimac en Amérique du Sud ou encore avec XPO Logistics aux États-Unis, logisticien pour lequel nous allons déployer pas moins de 5 000 robots dans les deux années à venir.

 

Comment se situent les différents marchés dans le domaine de la robotique ?

La demande est très forte aux États-Unis. Le pays représente 50 % de notre chiffre d’affaires et nous y lançons un nombre important de projets, plus que dans toute autre région au monde. Le reste de notre chiffre d'affaires se partage entre l’Europe et l’Asie (particulièrement le Japon), qui restent pour nous des zones en croissance où nous souhaitons poursuivre notre développement.

 

Quel est votre positionnement sur le marché de la robotique ?

Nous avons deux produits phares. Tout d’abord le système goods-to-person Butler, qui se décline en deux modèles : M pour les poids jusqu’à 600 kg et XL jusqu’à 1,6 tonne. Nous avons également un nouveau produit modulaire et flexible dédié au tri de paquets, nommé Flexo. Ces différents équipements robotiques sont accompagnés d’une intelligence applicative très forte avec la plateforme GreyMatter, la composante la plus importante de notre solution, qui gère le déplacement et l’activité des robots. C’est à mon sens ce qui nous distingue de nos concurrents sur le marché robotique, et ce qui a pu convaincre des entreprises comme XPO Logistics de nous faire confiance. Nos clients n’ont pas besoin de robots, ils ont besoin d’une solution complète et flexible pour repenser entièrement leur organisation. Il ne s’agit pas de déployer simplement des centaines de machines mais d’être aux côtés des entreprises pour la configuration et le design de leurs process automatisés. La promesse que nous faisons à nos clients n’est pas d’ordre technique mais opérationnel.

 

Quelle intelligence apporte la brique applicative GreyMatter ?

Celle-ci se connecte directement avec les systèmes WMS de l’entrepôt et va analyser les données qui lui sont envoyées, afin de mieux comprendre les flux logistiques au jour le jour, mais aussi la façon dont les process sont réalisés. Par exemple, ces derniers mois, nous avons ajouté des modules qui analysent le travail de l'opérateur dans le cadre du goods-to-man et s’adaptent à celui-ci. Si un collaborateur est meilleur qu’un autre pour réaliser le picking d’une typologie précise de produits, le système automatisé lui proposera ainsi plus régulièrement cette typologie afin d’améliorer ses rendements et plus généralement ceux de l’entrepôt. En comprenant l’humain via le machine learning, nous pouvons rendre sa collaboration avec le système robotisé plus efficiente. Selon nous, le futur de la logistique consiste à améliorer cette relation entre humain et machine.

 

Comment se passe la mise en place de ce type d’installation ?

Nous avons un travail important en amont avec le client pour décider du dimensionnement et de l’organisation de l’installation, selon les inventaires, la typologie de produits ou les flux. Il s’agit d’avoir une vision globale : dans le retail, notre objectif est de proposer des solutions en entrepôt qui puissent adresser les besoins en magasin. Pour une petite installation allant jusqu’à 100 robots, nous pouvons installer l’ensemble du système en deux à quatre mois. Pour les sites plus importants, où nous pouvons atteindre jusqu’à 1 500 robots, la durée varie entre six à neuf mois, le plus souvent parce que des adaptations doivent être réalisées au sein de l’entrepôt. Nos robots se basent en effet sur des marquages au sol pour leurs déplacements, ce qui nécessite des aménagements importants en amont. Mais dans les derniers mois, nous avons amélioré les systèmes de localisation de nos machines afin qu’elles soient mieux capables de se situer à tout moment. Cela nous permettra, à terme, de réduire donc cette durée d’aménagement.

 

Quels sont les projets à venir pour GreyOrange ?

Nous travaillons beaucoup sur le concept de picking automatisé et avons déjà une solution nommée Pickpal, sur laquelle nous poursuivons les développements et qui est déjà déployée chez certains de nos clients. Nous nous intéressons également au packing automatisé, et faisons des recherches pour des solutions qui seraient capables de reproduire les mouvements humains, avec des systèmes de préhension très précis. Nous souhaitons également continuer à affiner la solution applicative GreyMatter avec des mises à jour régulières. Récemment, nous avons ainsi ajouté une brique permettant d’optimiser le stockage des étagères déplacées par nos robots quand elles ne sont pas utilisées. Sans changer l'équipement, nous estimons pouvoir augmenter les capacités d’une installation de l’ordre de 20 à 30 % rien qu’avec des améliorations de ce type. Enfin, nous voulons ouvrir GreyMatter à d’autres constructeurs afin que leurs solutions puissent également s’y connecter et que nos clients n’aient qu’une seule interface pour la gestion de leurs équipements.

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