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PORTRAIT

Bertrand Chabrier : constructeur dans l'âme

11.07.2019 • 09h00
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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C-Log

Certains passent à côté de leur vie. D’autres la vivent à 100 %. C’est le cas de Bertrand Chabrier, directeur du développement chez C-Log, pour qui optimisme, détermination et passion sont les moteurs de l’existence.

Les idées fusent, presque à la minute. L’œil et l’esprit vifs, une énergie communicative et une décontraction assumée… Dès la première rencontre, on devine Bertrand Chabrier comme un homme malin, bienveillant, manager dans l’âme, avançant au gré des multiples projets qu’il imagine avec ses équipes. Directeur du développement chez C-Log, entreprise de logistique, il s’anime dès que l’on évoque l’innovation et les Hommes. Tombé dans la supply chain lors de ses expériences au sein du groupe H&M au début des années 2000, Bertrand Chabrier est un passionné : « C’est un véritable curieux, poussé par une envie permanente de découvrir énormément de choses. Et lorsqu’il se passionne pour un sujet, il va systématiquement aller au bout, en impliquant ses équipes et son entourage », témoigne François Maton, ancien collègue et ami de Bertrand Chabrier. Une ouverture d’esprit et au monde sans doute héréditaire. Né de parents séparés, évoluant chacun chez Air France, Bertrand Chabrier doit s’adapter au gré de leurs destinations et contraintes professionnelles : « J’ai grandi en France, mais vécu à plusieurs endroits et beaucoup voyagé. J’ai eu une jeunesse décousue car mes parents étaient régulièrement aux quatre coins de la Terre. Mais cela m’a aussi permis d’aller dans le monde entier : New-York à 10 ans, l’Asie, le Mexique, la Californie seul à 18 ans… J’ai attrapé le virus des voyages », raconte le directeur du développement. À tel point que Bertrand se rêve d’abord pilote de ligne. Une ambition qu’il devra rapidement mettre de côté, découvrant qu’il est daltonien. Très déçu, un peu « largué », il se lance finalement dans le commerce…

1979 : Voyage à Mexico en Concorde
31 décembre 1998 : Rencontre de sa femme
Février 2009 : Naissance de son fils Bao
Novembre 2010 : Changement de vie et arrivée à Saint-Malo
Mars 2011 : Naissance de sa fille Jade

 

Canaliser son énergie

Avant cela, sa mère s’étant remariée, il s’installe en Normandie. Après une adolescence tumultueuse, quelques « bêtises », il intègre finalement l’EM Caen, une école de commerce réputée : « Je suis arrivé en rase campagne à 10 ans, dans un village normand de quelques centaines d’habitants. L’adaptation a été difficile, je ne travaillais pas énormément mais je me débrouillais toujours pour passer dans la classe supérieure, jusqu’à mon premier échec au bac. Après l’avoir obtenu au second coup, j’ai continué à m’amuser, bricoler des motos… tout en poursuivant plus sérieusement mes études de vente et marketing », détaille t- il. Dynamique, exubérant, Bertrand avance, part à Leeds en Angleterre pour un an, revient bilingue et transporté par cette ville cosmopolite. Très vite, il s’ennuie à Caen, y finit ses études et cherche un emploi à Paris. Nous sommes en 1997 : « J’accumule les lettres de candidature, je reçois énormément de retours négatifs. Au bout de sept mois, je file sur l’avenue Montaigne à Paris, j’entre chez Louis Vuitton et demande à travailler chez eux ». Une détermination qui paie. Il arrive au stock, puis passe à la vente et cartonne. En parallèle, il écume les clubs électro, son autre passion après les voyages et les voitures. C’est dans l’un de ses lieux parisiens qu’il rencontre alors une jeune barmaid un 31 décembre 1998 : « J’étais derrière le bar, il était mon client. Notre passion pour la musique électronique nous a rassemblés, réunis et suivis. Ce que j’ai pris à l’époque pour une amourette dure depuis 20 ans. Dès le départ, Bertrand était persuadé que nous resterions ensemble très longtemps… Et il avait raison ! », raconte son épouse. C’est le début d’une grande histoire d’amour mais aussi celle d’une nouvelle vie : « Bertrand s’est construit au fur et à mesure. Je l’ai connu dans la vie étudiante, quand nous ne savions pas encore exactement ce que nous voulions faire. Il a trouvé sa voie dans la mode, a rencontré sa femme et cela l’a aidé à savoir où il voulait aller. Il est passé de l’insouciance à une maturité constructive, tout en conservant son côté jouisseur de la vie », analyse son ami Sébastien Racinais.

 

Trouver sa voie

Ambitieux, Bertrand quitte ensuite Louis Vuitton pour Salvatore Ferragamo, passe responsable de rayon et finit par entrer en 2000 chez une marque suédoise : H&M. Il démarre comme responsable de rayon avec une équipe de 45 personnes en banlieue parisienne, bien loin du luxe de l’avenue Montaigne. Très impliqué, il s’intéresse au stock, analyse les ventes et sollicite le siège de l’entreprise sur ces questions. Une curiosité qui lui permet de devenir approvisionneur : « Je mettais en pratique ce que j’avais vu sur le terrain. Avec un collègue italien, nous avons construit des outils et mesuré les performances de toutes les régions du monde. Très vite, j’ai été envoyé aux quatre coins de l’Europe pour former des équipes ». Bertrand est bientôt approché pour rejoindre le siège à Stockholm puis un poste à Amsterdam. Des propositions qu’il refuse pour rester auprès de son épouse. Il saisira finalement une opportunité au sein de la marque de prêt-à-porter Mim, aux achats. Le rythme et le turnover y sont soutenus, Bertrand finit par quitter l’entreprise : « Je venais d’avoir un petit garçon que je n’avais presque pas vu. J’avais besoin de temps, de réflexion. Ma femme et moi avons décidé de quitter Paris. Nous hésitions entre Avignon ou Saint-Malo. Et cela s’est fait chez Beaumanoir, à Saint-Malo ».

 

Poser ses valises

Cela fait maintenant huit ans que Bertrand et sa famille ont opéré ce changement de vie à 180 degrés. Heureux d’avoir troqué le bruit et la pollution parisienne contre les embruns et le soleil breton. « L’enthousiasme de Bertrand est notre moteur. Son optimisme et son envie d’aller toujours plus loin nous poussent à construire en permanence », témoigne sa conjointe. Au sein du groupe Beaumanoir, après différents postes et quelques ajustements, Bertrand Chabrier a trouvé sa place chez C-Log : « Cela fait trois ans que j’occupe mon poste et depuis nous avons beaucoup développé l’activité. Au final, côté marketing, nous avons tout changé : notre, site, notre identité visuelle, notre façon de communiquer… », constate-t-il. Fourmillant d’idées pour le développement de l’entreprise, ancré à Saint-Malo, propriétaire de deux chats, d’un poulailler qu’il a lui-même construit et d’une belle demeure sur la côte malouine, Bertrand Chabrier a fini par poser ses valises en Bretagne. Ce « grand rêveur », comme le décrit son ami Sébastien, mène donc sa vie avec « ses envies, fidèle à ses valeurs, ses idées, sa famille et ses amis », tout en restant un brin espiègle. Sa femme l’imagine ainsi bien, dans plusieurs dizaines d’années, « faire une course de déambulateurs pour aller de la maison à la plage ! ».

 

> À lire également, notre reportage C-Log, l’innovation comme clé de compétitivité

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“Il ne faut pas penser que les attaques ciblées cybersécurité ne concernent que les grands groupes. Une ETI performante détient des informations, des savoir-faire qui sont différenciants sur le marché et donc intéressants à pirater.”
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