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INTERVIEW

Entretien avec François Mondou, directeur général de SDZ ProcessRéa

10.07.2019 • 10h49
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par Emilien VILLEROY
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SDZ ProcessRéa

Ce sont jusqu’à 170 interfaces qui sont nécessaires à la réalisation d’un hub automatisé. Être accompagné d’experts est donc crucial avant de lancer de tels investissements.
Dans le cadre de son automatisation, la Socamaine a fait appel à SDZ ProcessRéa pour piloter l'ensemble du projet. François Mondou, directeur général, fait le point sur les missions du cabinet de co-ingénierie logistique.

Quelle est la gamme de services que propose SDZ ProcessRéa aux entreprises qui se lancent aujourd’hui dans des projets d’automatisation ?

Nous accompagnons les entreprises dans une logique à 360°. Cela concerne autant l’ingénierie administrative, qui oblige à une parfaite connaissance des règles et textes concernés, que la conception des systèmes logistiques et industriels. Pour cela, il faut comprendre l’activité du client, la retranscrire dans des schémas et diagrammes afin de pouvoir ensuite transposer ce concept pour les organismes extérieurs et le génie civil. Il y a également une part juridique pour la contractualisation des projets. À cela, nous ajoutons une expertise en ingénierie financière afin d’offrir aux clients des calculs fins de retour sur investissement.

 

Cet accompagnement vous paraît-il obligatoire pour mener à bien de telles installations ?

Ces projets ont des niveaux d’investissement élevés, allant de 30 à 150 millions d’euros, en dehors du foncier et du génie civil. Par conséquent, leur niveau de risques préoccupe les investisseurs qui souhaitent s’assurer d’une bonne maîtrise économique et technique. Aujourd’hui, le maître d’ouvrage ne prend plus seul la décision de son investissement, mais est accompagné de décideurs exogènes. Les financiers et banquiers sont intéressés par le calcul du ROI. L’assureur va quant à lui demander à ce que le constructeur de la solution puisse attester qu’il est couvert en cas d’erreur de conception. Enfin, les juristes valident entre autres les clauses d’engagement de performances et de disponibilité. Ces acteurs pèsent à parts égales dans le lancement d’un projet. Sans compter les administrations et les organismes extérieurs qui ont également leur mot à dire. Être accompagné d’experts est donc crucial avant de lancer de tels investissements. Ce sont jusqu’à 170 interfaces qui sont nécessaires à la réalisation d’un hub automatisé. Il faut donc assurer la gestion synchrone de toutes ces interfaces.

 

Quel est le rôle précis de SDZ ProcessRéa dans ce type de projet ?

Nous pouvons être AMO (assistant maitrise d’ouvrage) ou MOE (maitrise d’oeuvre). L’AMO a pour mission d’accompagner le client dans la formalisation des études propres à la réalisation du projet. Celles-ci vont orchestrer les dimensionnements qui vont devenir des engagements de part et d’autre. Cet encadrement juridique et normatif permet, en cas de dysfonctionnements ou retards, de déterminer les responsabilités et gérer les contentieux. L’AMO est dans une logique d’obligation de moyens, sans pour autant porter la responsabilité d’une erreur de conception ou de performance. Le MOE a de son côté une obligation de résultats et partage donc le risque, avec le maitre d’ouvrage, des erreurs de conception, de performances et de dépassements de budget ou de planning. Il vérifie les calculs de conception des solutions, mais demande aussi des modifications sur les machines et sous-systèmes proposés.

 

On parle désormais de risk management pour ce type de projet…

Le risk manager va être missionné pour anticiper les risques potentiels autour des sujets mécaniques, informatiques, de construction ou encore de gestion des ressources, afin de rassurer les investisseurs. C’est une composante cruciale car des projets menés à la hâte peuvent entrainer des retards coûteux. Il s’agit de gérer des questions telles que le choix entre intégrateur ou constructeur, les garanties apportées par chacun n’étant pas les mêmes. Il faut également veiller à la synchronisation des études, qui peuvent concerner le foncier (analyse des sols) ou le génie civil (dimensionnement et phasage de mise à disposition des cellules), avec les flux et des besoins du bâtiment. Ces compétences sont rarement présentes en interne chez nos clients et cet aspect se greffe donc à notre mission de MOE ou d’AMO.

 

Comment se passe le lancement d’un projet de ce type ?

Avec le client, nous définissons le besoin, puis rédigeons un cahier des charges. C’est une partie complexe car nos interlocuteurs ne sont pas forcément en mesure de récupérer les données nécessaires à ce travail. Au sein d’une base d’articles par exemple, on ne sait pas forcément le poids ou la dimension exacte d’un produit. Il faut donc créer des bases de données et extrapoler certains éléments pour obtenir un outil capable de finaliser le concept et projeter l’analyse fonctionnelle. Après quoi, nous créons une documentation qui va permettre de lancer un appel d’offres auquel vont répondre constructeurs et intégrateurs. Nous reformulons ensuite avec ces derniers leurs propositions pour vérifier qu’elles correspondent bien au système de contraintes du client, auquel le soumissionnaire s’engagera à répondre. Au moment de la livraison, il faut être en phase avec les objectifs fixés deux ou trois ans auparavant.

 

Comment se passe le choix du constructeur ?

Nous tenons une base de données sur la capacité des constructeurs à mener ces projets. Une fois qu’ils répondent à l’appel d’offres, nous établissons une notation sur près de 40 critères afin de faire une recommandation. Nous restons cependant neutres et laissons le choix final au client. Les constructeurs comprennent bien que nous sommes des facilitateurs dans les échanges. Ces installations vont durer plus de 20 ans et il faut donc bâtir des relations solides entre clients et fournisseurs. Nous sommes là pour ne rien oublier et désamorcer les problèmes.

 

Cela implique une présence très forte de votre part sur ce type de dossier ?

Sur le sujet Socamaine, nous avions huit ingénieurs à temps plein et jusqu’à onze au moment de la réception. Nous avons animé toutes les réunions et échanges, ce qui représente 1 200 comptes-rendus réalisés ! Nous sommes donc très présents au cours du projet pour apporter les réponses nécessaires et parfaire l’éducation d’opérateurs logistiques qui, à terme, vont se retrouver seuls avec les clés de leur installation.

BUZZ LOG
“Face à l’évolution de la réglementation et pour répondre à nos grands objectifs autour de la logistique urbaine, il faudra une multitude de modèles.”
— Thomas Quéro, conseiller métropolitain et adjoint au maire de Nantes en charge de la logistique urbaine
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