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INTERVIEW

Entretien avec Clément Lubin, directeur supply chain du Groupe Casino

31.03.2021 • 09h30
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par Emilien VILLEROY
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Groupe Casino

Nous travaillons à une réduction de 25 % de l’ensemble de nos émissions d’ici 2022.
Dans le cadre de son adhésion récente à la démarche Fret 21, Clément Lubin, directeur supply chain du Groupe Casino (pour les magasins Casino, Franprix et Leader Price), revient sur les engagements RSE pris par la filiale Easydis du groupe français de la grande distribution afin de rendre ses activités supply chain plus vertueuses.

De quelle manière la supply chain s’inscrit dans les efforts RSE des enseignes Casino ?

Les efforts menés du côté de la supply chain viennent se placer dans le cadre d’une stratégie globale menée par le Groupe Casino, lancée en 2020 avec le manifeste CAP’ - Avec Casino Agissons pour la Planète. Nous venons donc apporter notre pierre à l’édifice afin de réduire nos émissions sur les activités d’approvisionnement, mais aussi principalement sur les activités de logistique et de transport que nous pilotons via notre filiale Easydis. Commissionnaire de transport, cette structure organise tous les flux au départ de nos entrepôts vers 6 000 points de vente que nous livrons quasi quotidiennement. Nous avons engagé depuis deux ans maintenant un travail de refonte en profondeur de l’organisation de nos flux qui se décline en plusieurs volets. L’idée est que lorsqu’un client consomme un produit chez Casino, il ait la garantie que celui-ci a eu un impact le plus limité possible sur l’environnement, du producteur au magasin.

 

Que peut apporter une meilleure optimisation des flux sur ces sujets ?

Tout d’abord, il s’agit tout simplement de mettre moins de camions sur les routes pour le même volume de marchandises. Cela passe par l’évolution de nos systèmes d’information et l’introduction de nouvelles technologies comme l’IA, qui nous permettent d’automatiser et de réorganiser nos tournées de transport afin de les rendre plus efficaces et de réduire les kilomètres parcourus. Notre premier métier reste de garantir une qualité de service irréprochable à nos magasins, mais nous avons transformé nos flux de transport pour que nos livraisons se fassent avec des camions mieux remplis, aux itinéraires optimisés. En trois ans, nous comptons éviter ainsi trois millions de kilomètres parcourus, à volumes équivalents. Nous souhaitons également repenser nos flux retours, avec l’aide de commissionnaires digitaux tels que Sennder France (anciennement Everoad), afin d’améliorer notre performance économique et éviter les kilomètres à vide. Cela peut passer par de la prestation pour d’autres entreprises, ou l’optimisation de nos flux propres pour la gestion des emballages (supports et plastiques/cartons que nous récupérons depuis nos magasins pour travailler avec des acteurs du recyclage).

 

Un travail que vous complétez avec une évolution de votre flotte de véhicules...

Tout à fait. Nous allons vers des motorisations plus propres, avec l’aide de nos partenaires transporteurs. Nous avons engagé il y a déjà plus de trois ans une évolution de notre parc de camions vers le GNV et le biogaz – des technologies tout à fait matures qui représenteront à terme 75 % de notre flotte, et qui permettent une réduction de 80 % des émissions rejetées dans l’atmosphère par rapport aux camions diesel. L’autre volet que nous développons est celui des biocarburants, avec à terme 250 nouveaux véhicules, qui représenteront 25 % de notre flotte. Nous engageons enfin un travail de fond sur les véhicules électriques pour certaines lignes de transport. Une dizaine de flux devraient être concernés dès cette année sur l’ensemble de nos enseignes, pour des tournées spécifiques dans les grandes zones urbaines et péri-urbaines dans le Sud-Est, dans la région Rhône-Alpes. Il y a évidemment un surcout au déploiement de ce type de motorisations électriques aujourd’hui, mais nous sommes persuadés qu’il y aura des problématiques d’obligation à terme pour l’accès aux grandes villes qui rendront l’équation économique bien plus favorable. Et quoiqu’il arrive, nous nous y retrouvons du point de vue environnemental.

 

Quels objectifs visez-vous avec ces différentes actions ?
Nous travaillons à une réduction de 25 % de l’ensemble de nos émissions d’ici 2022. Ces engagements vont être suivis car ils ont été pris dans le cadre d’une adhésion à Fret21. Pour nous, c’est une façon de nous inscrire dans le cadre d’une structure extérieure reconnue, et de bénéficier d’outils pour mieux mesurer nos efforts. Plus généralement, cette adhésion nous permettra de suivre les évolutions du secteur et des technologies (avec des nouvelles motorisations comme l’hydrogène par exemple) afin de continuer à nous adapter et nous améliorer de manière volontaire.

 

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