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GRTgaz : une logistique bien rodée pour un géant du transport de gaz

20.05.2022 • 15h57
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par Emilien VILLEROY
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© GRTgaz et Thierry Vincent
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Le 19 mai 2022, GRTgaz nous ouvrait les portes de sa plateforme logistique de Montierchaume (36), à proximité de Châteauroux. Un entrepôt national de 10 000 m², en service depuis 2011, qui dessert 140 dépôts en France. L’occasion de revenir sur la logistique industrielle du deuxième transporteur européen de gaz.

Voilà maintenant plus de 10 ans que la plateforme logistique nationale de GRTgaz à Montierchaume (36), près de Châteauroux a ouvert ses portes. Un anniversaire que l’entreprise fêtait avec ses collaborateurs et ses partenaires le 19 mai 2022. Le site est né il y a une décennie dans une volonté de regroupement des stocks régionaux et d’une plateforme existante située à Nanterre (92), afin de créer un dépôt national unique, situé au centre de l’Hexagone. Dans cet entrepôt de 10 000 m², GRTgaz stocke le matériel destiné aux grands projets et chantiers gaziers français ainsi qu’à leur maintenance au fil du temps, avec un ensemble varié de 7 000 références. La gestion de ce flux est assurée sur le site par une équipe de 12 personnes, avec une organisation partenariale : d’un côté, cinq collaborateurs GRTgaz qui assurent la conformité des pièces reçues et expédiées, mais également sept salariés du prestataire GT Logistics, qui se chargent des opérations de réception, stockage, préparation de commandes et expéditions. Une petite équipe, mais un site bien rempli, avec une capacité de 5 000 palettes, 12 000 bacs et 430 000 pièces allant des robinets aux pièces forgées, en passant par des compteurs ou des produits chimiques (dans une cellule dédiée). Le terrain tout autour du dépôt est aussi mis à contribution puisqu’il comporte un parc à tubes de cinq hectares qui peut accueillir jusqu’à 120 km de tubes d’acier, utilisés sur tout le réseau GRTgaz. « Nous avons tous les éléments qui nous permettent de construire nos installations et de les entretenir », explique Jean-Marc Laurent, responsable du pôle logistique industrielle et approvisionnements de GRTgaz.

 

Un réseau national alimenté selon les besoins

Cette variété d’équipements représente 30 millions d’euros (dont 11 millions rien que pour les tubes) sur le site, avec 30 millions de matériels complémentaires dispatché dans l’ensemble des sites français de GRTgaz. En 2021 seulement, 19 millions d’euros de marchandises ont été réceptionnées sur la plateforme (à un rythme de 500 lignes par mois), dont 40 % à destination des chantiers de GRTgaz (environ 600 projets), le reste étant réservé à la maintenance. Depuis ce stock national, GRTgaz fait ensuite la liaison jusqu’à un réseau de 140 dépôts répartis sur l’ensemble de la France et sur un ensemble de chantiers sur le territoire, avec des astreintes d’alerte pour des livraisons en 15 heures en cas d’urgence, n’importe où en France, 24h/24 et 7j/7. Ce flux aval représente actuellement 5 000 lignes préparées par mois, avec des livraisons bimensuelles « en fonction des paramètres de stock et de demandes terrains ». Mais celui-ci pourrait être amené à évoluer dans les années à venir : « Nous sommes en train de regarder les impacts qu’auraient une fréquence de livraison mensuelle et nous avons lancé une expérimentation en ce sens, explique Jean-Marc Laurent. Il y a des enjeux de vision globale sur le stock et de diminution des stocks dormants, tout en restant dans le respect de la sécurité industrielle, car il faut toujours que nous ayons des pièces disponibles. De plus, nous voulons éviter les livraisons urgentes, qui sont en moyenne dix fois plus chères que des livraisons programmées. Entre baisser les stocks dans nos dépôts ou réduire notre fréquence d’expédition, c’est tout un équilibrage que nous sommes donc en train de réétudier, afin d’optimiser notre transport, et ainsi de réduire son impact carbone, avec potentiellement un développement des flux inter-sites. Nous avons déjà choisi quatre sites sur lesquels nous travaillons ces nouveaux paramétrages, et nous allons mener des tests pendant une année ». Si GRTgaz dispose de flottes en propre pour ses interventions sur son réseau, l’entreprise fait appel à différents prestataires pour les flux de ses marchandises : les flux courants à la palette sont traités par Gefco, là où le hors-gabarit est pris en charge par les Transports Capelle. Une partie des flux colis pour les plus petites pièces passe lui par UPS ou Colissimo. GRTgaz a également engagé un chantier important dans la modernisation de l’ensemble de ses systèmes d’informations. « À l’horizon du 1er janvier 2023, nous allons changer d’ERP, pour passer sur la version S/4HANA de SAP, ainsi que l’outil qui pilote le site de Châteauroux, où nous utiliserons l’outil EWM de SAP », détaille Jean-Marc Laurent.

 

Penser l’avenir en s’ouvrant aux énergies vertes

Un site névralgique donc pour l’organisation de GRTgaz en France et ses 32 527 km de réseau de canalisations gazières. « Le réseau gaz en France est comme un système routier, dont GRTgaz serait les autoroutes. Nous faisons le lien entre 155 expéditeurs, des sociétés qui vont vendre des molécules de gaz, et différents réseaux : pour les particuliers, nous avons des relations avec 19 distributeurs que nous livrons sur 3373 postes de distribution, mais nous collaborons aussi directement avec certains industriels ayant de forts besoins en gaz : cela représente 716 entreprises avec 952 points de distribution dédiés. Au total, nous transportons l’équivalent de 630 térawatts d’énergie, un chiffre impressionnant quand on le rapporte aux 645 térawatts transportés par les réseaux électriques », explique Franck Wintenberger, récemment nommé adjoint au directeur général de GRTgaz et responsable du domaine finance, achats, logistique. Affichant un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2021, GRTgaz investit 460 millions d’euros chaque année dans son réseau. Ce montant était deux fois plus élevé dans les années 2010, quand l’entreprise menait un grand plan de restructuration de ses infrastructures, achevé en 2020. Désormais, l’objectif pour la nouvelle décennie est celui de l’adaptation : « Nous devons absorber dans notre réseau un maximum de gaz renouvelable. Aujourd’hui, nous transportons 90 % de gaz fossile. D’ici 2050, nous voulons que 100 % de ce gaz vienne d’énergies renouvelables, dans une approche vertueuse pour aller vers la sobriété énergétique », détaille Franck Wintenberger. Des énergies vertes qui sont déjà dans les tuyaux de GRTgaz: « Nous avons d'ores et déjà 8 térawatts de capacité de production annuelle en gaz renouvelable, et nous avons des objectifs de 12 térawatts en 2024 et 40 en 2030. C'est une mutation du réseau, pour réduire les quantités de gaz importés et passer sur des sites de production plus locaux de gaz renouvelable. Nous nous préparons aussi sur le sujet de l'hydrogène, avec des canalisations dédiées. Nous menons un projet nommé MosaHYc, dans le Nord-Est de la France, afin de mener la conversion de nos canalisations pour accueillir cette nouvelle énergie, et dans le Sud, nous avons le démonstrateur Jupiter 1000, site qui permet de produire de l’hydrogène localement. Petit à petit, nous étoffons donc nos équipements », note Isabelle Ragault-Rolland, directrice des achats, approvisionnements et logistique. Une évolution qui se traduit aussi dans l’organisation de GRTgaz et sur son patrimoine :  « Nous avons fait beaucoup d’investissement pour rapprocher nos équipes. Nous menons actuellement un grand projet de campus qui réunira trois bâtiments à notre siège social, ce qui représente le transfert de 1 500 personnes, en comptant nos prestataires », raconte Isabelle Ragault-Rolland.

 

Un site plus vert

Ce verdissement se traduit également sur le terrain, dans l'approche environnementale prise par GRTgaz sur ses installations. À son inauguration en décembre 2011, l’entrepôt de Châteauroux était alors le tout premier site français à bénéficier d’une certification HQE (Haute Qualité Environnementale). Des efforts qui se traduisent encore aujourd’hui sur le site avec l'installation d'une centrale photovoltaïque en toiture de 1 100 m², des ruches qui récoltent 80 kg de miel par an, ainsi que 4 hectares d’éco-pâturage tout autour du site qui accueillent une vingtaine de moutons depuis 2021. « Les réglementations évoluent et nous sommes en train de transformer nos sites pour qu’ils soient zéro-phyto, c'est-à-dire qu’ils n’utilisent pas de produits phytosanitaires de synthèse. Cela concerne nos sites tertiaires, mais aussi nos 3 000 postes de livraison de gaz », détaille Isabelle Ragault-Rolland. Les processus logistiques sont également optimisés avec un système de broyeuse à carton sur le site, permettant aux préparateurs de réutiliser les cartons reçus depuis les fournisseurs, en les broyant pour en faire du matériel souple de calage pour les produits expédiés.

 

Le site de GRTgaz en images :

Le site de GRTgaz à Montierchaume (36) :

■ 10 000 m² de surface

■ Stock de 5 000 palettes, 12 000 bacs et 430 000 pièces pour 7 000 références

■ Parc à tube de 5 hectares accueillant 80 à 120 km de tubes

■ 500 lignes réceptionnées par mois et 5 000 lignes préparées par mois

■ 1 100 m² de panneaux photovoltaïque en toiture.

GRTgaz Montierchaume
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