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Entretien exclusif avec Frédéric Grenier, directeur général d’ID Logistics France

Ayant plus que doublé son chiffre d’affaires en cinq ans, le groupe ID Logistics continue d’afficher une croissance à deux chiffres. Dans l’Hexagone, le spécialiste de la logistique contractuelle a ouvert quinze nouveaux dossiers rien qu’en 2025. Frédéric Grenier, directeur général d’ID Logistics France, revient avec nous sur l’évolution de l’entreprise ainsi que sur ses principaux objectifs stratégiques.  

Publié le 8 avril 2026 - 15h10
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 ID Logistics

Comment se porte ID Logistics France, depuis votre nomination à sa direction générale en juillet 2024 ?

Le groupe, ainsi qu’ID Logistics France, se portent bien. Lorsque j'ai repris la direction de l’entité française, j’ai eu l’opportunité de partir sur de bonnes bases mises en place par mon prédécesseur. Depuis la fin de 2024 et le long de l’année écoulée en particulier, nous avons connu une importante dynamique de croissance. Rien qu’en 2025, nous avons ainsi ouvert quinze nouveaux dossiers, soit plus d’un par mois.


ID Logistics continue de se renforcer à l’international, avec l’ouverture de nouveaux pays, tels que le Canada en 2025. Que représente aujourd’hui la France au sein des activités et des résultats du groupe ?
ID Logistics France représente actuellement environ 25 % du chiffre d'affaires du groupe. C'est ainsi toujours le premier pays en termes de résultats. Entre nos différentes filiales internationales, nous ne nourrissons pas d’esprit de compétition, mais favorisons au contraire l’échange, la coopération et l’émulation collective. Lorsqu’émergent ainsi en France bon nombre de projets structurants pour l’ensemble de l’entreprise, avec de premiers déploiements sur le territoire national, notre logique consiste à pouvoir les exporter et les dupliquer dans les autres filiales. En qualité de société née en France et riche de notre histoire, nous voulons faire avancer le groupe en étant porteurs d’idées et de projets, et ce dans différents domaines : innovation, enjeux sociaux et environnementaux, outils de pilotage, etc.

 

En début d’année, le groupe a annoncé envisager près de 6 000 recrutements dans le monde pour 2026. Quels sont vos besoins en France ?
ID Logistics compte actuellement en France un peu plus de 10 000 collaborateurs en moyenne (intérimaires compris). L’évolution de nos effectifs est directement liée à notre croissance ; cette dernière étant particulièrement marquée, et amenée à se poursuivre en 2026, nous enregistrons ainsi d’importants besoins en recrutement. En France, nous ambitionnons d’accueillir cette année environ 1 500 nouveaux collaborateurs. Nous intégrons de plus en plus d’ingénieurs à nos process, en lien avec notre dynamique d’amélioration continue et la transformation de nos projets, dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la robotique notamment.

 

Quel regard portez-vous sur les mutations du marché de la logistique contractuelle, notamment celles liées au développement continu du e-commerce ?
Depuis une dizaine d'années, ce secteur continue de transformer notre marché. Il peut nécessiter la création d’entrepôts de grande voire très grande taille, comme ceux que nous opérons pour un important acteur du e-commerce, avec des démarrages opérationnels effectués dans des courts délais. Il nous impose également une organisation et une structuration robustes, pour faire face à des effets de saisonnalité souvent très marqués, ainsi qu’à un fort besoin de réactivité. Depuis plusieurs mois, nous gérons notamment l’activité logistique d’un expert de l’anti-gaspillage alimentaire, sur un site en région lyonnaise se développant très fortement. Nous collaborons également avec le pure player 900.care, disposant d’un fort potentiel de croissance. Nous accompagnons de fait des e-commerçants aux profils et dimensions très différents, illustrant notre polyvalence et notre flexibilité, qualités indispensables sur ce marché porteur.

 

Quels secteurs d'activité stimulent particulièrement la croissance de votre entreprise actuellement ? Comment l’expliquez-vous ?
Étant né dans le retail, nous poursuivons notre développement dans ce secteur en accompagnant nos clients, historiques ou nouveaux. Outre l’e-commerce précédemment cité, nous connaissons également de fortes croissances dans certaines verticales, à l’instar de l’industrie des parfums et cosmétiques. Nous allons ainsi ouvrir en 2027 une plateforme logistique significative pour le compte des Parfums Christian Dior. D’autres projets avec de grands laboratoires dermatologiques français sont en cours. 
Nous sommes aussi très présents dans la mode, pour laquelle nous avons par ailleurs récemment fondé la filiale ID4Fashion, en lien avec la reprise de la gestion de l'entrepôt La Redoute de Wattrelos. Parmi nos nouveaux dossiers se retrouvent notamment notre partenariat logistique mondial avec la marque française de luxe Ami Paris, de même que le démarrage d’un nouveau site pour Puma en Alsace, comprenant un magnifique AutoStore.

 

Pourriez-vous nous détailler la genèse et les spécificités du programme AI4ID, autour de l’intelligence artificielle ?
Initiée au sein d’ID Logistics depuis environ une décennie, notre démarche d’innovation aborde chaque année une thématique nouvelle sur des sujets clés. 2025 fut marquée par le lancement du programme AI4ID, consacré à l’intelligence artificielle et à ses apports concrets sur le terrain. À l’inverse d’une approche descendante dite top-down, nous fédérons nos opérations au sein de nos différentes filiales, dans l’optique de faciliter la gestion quotidienne de leurs activités. Dans le cadre d’AI4ID, trois grands thèmes ont été identifiés : la vision par ordinateur, le machine learning et l'IA générative. Dans le domaine de la computer vision, nous avons entre autres concrétisé les déploiements du robot d’inventaire Astrid [codéveloppé avec les jeunes pousses françaises Wyca et e-Dentic, puis avec la société britannique Dexory, ndlr], que l’on retrouve aujourd’hui sur la nouvelle plateforme de PepsiCo France à Dourges ainsi que sur d’autres sites. Pour les sujets liés à l’apprentissage automatique, nous avons notamment poursuivi notre travail, déjà conséquent, autour du jumeau numérique. Nous avons également planché sur l’optimisation des implantations de picking en entrepôt via une solution de slotting alimentée par l’IA. À noter que cette année, nous lançons le Vertical Innovation Challenge 2026, visant à rassembler les compétences, outils, process et bonnes pratiques acquis au sein du groupe avec une approche par verticale métier.

 

Quelles sont vos priorités stratégiques pour 2026 ?

Dans un contexte de forte pression sur les prix, les exigences économiques de nos clients vont continuer à se renforcer. Pour y répondre et afin de rester différenciants, nous allons poursuivre notre démarche d’innovation et de transformation de nos process, en particulier dans l’intelligence artificielle et la robotisation. Notre objectif consiste à améliorer nos opérations au quotidien, tout en facilitant les tâches de nos managers avec le concours d’outils d’aide à la décision. Nous allons enfin poursuivre notre croissance en captant les bonnes opportunités. Les business models de nos clients évoluent vite : nous devons nous adapter, mais aussi être moteur du changement, grâce à la flexibilité et au dynamisme qui nous caractérisent.

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