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Kyu Associés dévoile son Baromètre 2020 des risques supply chain

Le cabinet de conseil a interrogé 500 responsables supply chain, des achats et des risques dans 14 secteurs d'activité sur l'impact de la crise sanitaire, les risques supply chain et les dispositifs mis en place pour les affronter, ainsi que les nouveaux modèles envisagés.

Publié le 30 novembre 2020 - 09h40
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Kyu Associés | Baromètre 2020 : Risques supply chain

Créé en 2019 par le cabinet de conseil en management Kyu Associés, le Baromètre 2020 des risques supply chain consacrait sans surprise sa nouvelle édition à la « supply chain à l’épreuve de la pandémie ». « L’objectif de ce Baromètre est d’éclairer les responsables de la supply chain et des risques sur les menaces à venir et sur les solutions à privilégier pour pouvoir améliorer leur résilience dans un contexte de crise probablement durable », introduit le document, dévoilé le 23 novembre dernier lors d’une conférence menée, chez Kyu Associés, par Laurent Giordani, associé fondateur et Thibaud Moulin, associé. Comme en 2019, les profils de répondants sont divers, évoluant dans 14 secteurs d’activités répartis en quatre grands pôles (aéronautique/défense et automobile, commerce et distribution, autres industries, réseaux et services), intégrant « des grands groupes avec des milliers de fournisseurs mais aussi des ETI et des entreprises ayant des supply chain plus simples », précise Thibaud Moulin. Au total, ce sont 500 responsables supply chain, des achats et des risques qui ont été interrogés, de janvier à septembre 2020.

 

Risques sanitaire et économique en première ligne

« Dans la matrice 2020, une des questions posée à nos interlocuteurs était : à quels différents types de risques peut être exposée la supply chain, et quels sont ceux qui ont vu leur criticité augmenter davantage que les autres ? », décrit Laurent Giordani. S’agissant du risque sanitaire, largement sous-évalué et positionné très bas en 2019, il enregistre la plus forte progression six mois après le début de cette pandémie. Le deuxième ayant augmenté en criticité est le risque économique (35 % des répondants le considèrent comme le plus critique) avec une « récession d’une ampleur inédite depuis des décennies », observe Laurent Giordani. Une situation conduisant à un risque financier accru : « Cela va entraîner, pour les entreprises, un risque fort de voir leurs fournisseurs se trouver dans une situation financière critique. En France, malgré les mesures prises par l’État, les grands donneurs d’ordres comme les petits s’attendent à vivre dans les prochains mois des faillites à répétition de leur panel de fournisseurs, conséquence d’une demande atone qui pèse sur les trésoreries », poursuit Thibaud Moulin. Autre élément inquiétant ayant « fortement progressé depuis 2018 », celui des logiques associées aux contraintes réglementaires : « Nous devons nous adapter aux protocoles sanitaires de nos clients, ce qui allonge les délais d’intervention. Les règlementations très diverses entre pays sur les mesures prises et la fermeture des frontières ont entraîné des difficultés de gestion opérationnelle », relate un témoignage dans le Baromètre.

 

Des craintes nouvelles liées à la crise sanitaire

Cinquième risque identifié dans le Top 10, la planification, avec des modèles de prévision de la demande totalement perturbés par cette pandémie, des historiques qui « ne servent pas à grand-chose et un manque de visibilité qui rend très difficile l’exercice de cette planification », poursuit Laurent Giordani. Également mentionné, le risque de sourcing, la crise ayant mis en lumière le nombre de sources limitées des entreprises ainsi que la nécessité de relocaliser certaines productions. « Elles se sont également aperçu qu’elles dépendaient quasiment toutes des mêmes chemins logistiques, en particulier les voies maritimes venant de Chine », stipule Thibaud Moulin. Hubs mondiaux saturés, zones confinés et flux incertains : la logistique figure donc également dans ce classement. Le huitième risque concerne la cyber-criminalité avec la crainte des directions supply chain d’être attaquées de par  « l’avènement du télétravail, qui incite à envisager une menace potentielle plus importante sur les supply chains des entreprises », observe Thibaud Moulin. Les deux derniers risques, en recul dans le Top 10, concernent la qualité - pouvant être affectée par des ruptures de cadence, de l’absentéisme, ou encore l’utilisation de double source -, et, enfin, le risque capacitaire : « Beaucoup de secteurs se sont retrouvés à l’arrêt ou en diminution importante et l’assèchement de la trésorerie des entreprises ne favorisent clairement pas l’investissement », note Laurent Giordani. « La crise va rebattre les cartes de la compétitivité internationale sur de nombreux marchés. Les entreprises qui pourront investir dans leur productivité auront un avantage concurrentiel certain », estime à ce sujet le Baromètre.

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© Kyu Associés - Baromètre 2020 Risques supply chain

Maîtriser les risques

Face à ces dangers identifiés, quels dispositifs de maîtrise de risques sont à l’œuvre  ? Parmi les solutions citées pour y parvenir, on retrouve la mise en place d’une veille, l’évaluation des fournisseurs, la prévention des défaillances et la sécurisation des flux. Si 70 % des répondants indiquent disposer d’une évaluation des risques de leur supply chain, la crise aura néanmoins révélé la faiblesse de ces dispositifs, avec une évaluation financière des fournisseurs qui s’est avérée peu utile car n’apportant pas de vision en temps réel, ainsi que des partenariats stratégiques mis à mal par l’ampleur de la baisse de la demande. Autres limites : une faible quantité de stocks déportés n’ayant pas suffi à compenser les fermetures de sites de production et l’engorgement des flux logistiques, ou encore un manque de traçabilité sur les flux logistiques n’ayant pas permis aux entreprises de rerouter à temps les flux, entraînant le blocage de certains composants durant plusieurs semaines. Une situation révélant la nécessité de renforcer certains de ses dispositifs et d’en créer de nouveaux, 77 % des entreprises interrogées souhaitant d’ailleurs modifier leur évaluation des risques d’ici cinq ans.

 

Pour une supply chain plus résiliente

Face à ces problématiques, les sondés se positionnent sur plusieurs grands axes pour mieux maîtriser leur chaîne d’approvisionnement à l’avenir et gagner en résilience. Il s’agit de tirer parti du digital en cartographiant et évaluant les risques pour 42 % d’entre eux, mais aussi d'être capable d’opérer les flux en temps réel pour 26 %. Ils comptent également repenser leur supply chain, notamment en diversifiant les bassins d’approvisionnement (pour 45 % des répondants), en sécurisant leurs productions (35 %) et en mettant en œuvre des flux logistiques alternatifs (18 %). Renforcer la continuité d’activité est également une piste, avec 48 % des personnes interrogées souhaitant élargir les PCA (plans de continuité d’activité), et 34 % augmenter les stocks. Compte tenu de ses différents constats, le Baromètre 2020 envisage les moyens de considérer cette crise sanitaire sous le prisme d’« un mal pour un bien ». « Elle a permis de faire comprendre que les entreprises avaient atteint la limite des supply chain mondialisées qui les exposaient à des risques d’intensité, avec un prisme purement économique les ayant fragilisé au-delà du raisonnable », juge Laurent Giordani.

 

L'étude Baromètre 2020 Risques supply chain est disponible sur le site de Kyu Associés

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