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Le gouvernement confirme que les dark stores sont des entrepôts

08.09.2022 • 15h56
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X5 Retail Group (Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic)

Après plusieurs semaines de flou sur le sujet, le gouvernement a décidé de statuer sur le statut des locaux utilisés par les acteurs du quick commerce au cœur des villes : ce sont des entrepôts, et non pas des commerces. Un avis qui risque de bouleverser l’activité de ces dark stores, et d’entrainer des fermetures pour certaines implantations.

Entrepôts ou magasins ? Le statut des « dark stores » était l’une des interrogations de l’été. Clé de voûte de l’organisation des enseignes du « quick commerce », ces petits hubs logistiques urbains prennent la forme de points de vente dans le paysage urbain, mais n’accueillant pas de clients en leur sein, avec des allées dédiées au picking manuel. De quoi permettre une préparation de commandes rapide. Fraichement lancées l’an passé, des plateformes de vente (Gorillas, Flink, Getir) avaient connu une croissance forte l’an passé, mais leurs implantations faisaient débat au sein des institutions locales depuis l’annonce, au cœur de l’été, d’un projet de règlement qui considérait les dark stores comme des « commerces de détail », du moment qu’ils proposent un point de retrait ouvert au public.

 

« La ville de demain, ce n'est pas la ville des rideaux baissés et des portes closes »

Un statut potentiel contre lequel se sont élevés de nombreux élus, principalement à Paris, mais également dans d’autres métropoles accueillant du quick commerce. Le 6 septembre 2022, municipalités et métropoles étaient donc accueillies par Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, et Olivier Klein, le ministre délégué à la Ville et au Logement, pour des consultations visant à répondre à la question du statut de ces lieux. Et la réponse a été sans appel : les dark stores sont bien des entrepôts selon le gouvernement. « Les dark stores sont considérés en termes de sous-destination comme des entrepôts, qu'il y ait ou pas un point de retrait », a déclaré Olivia Grégoire, à l'issue de la réunion. Son homologue Olivier Klein a ajouté : « La ville de demain, ce n'est pas la ville des rideaux baissés et des portes closes ». Une décision qui devra ensuite faire l’objet d’un arrêté et d'un décret, mais qui aura des conséquences pour les dark stores installés dans des locaux à usage commerciaux : s’ils n’ont pas demandé de changement de destination, ils seront contraints de fermer, par exemple à Paris, s’ils sont installés au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation, ou dans un local commercial. À terme, le gouvernement souhaite également que la présence de ces dark stores soit prévue dans les PLU de toutes les villes, comme c'est déjà le cas à Paris (qui les considère comme des entrepôts car leur zone de stockage dépasse un tiers de la surface utilisée). Un changement qui risque de réduire le développement de ces emplacements dans les métropoles.

 

Une ère de régulation

Premier adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du Grand Paris et des relations avec les arrondissements, Emmanuel Grégoire avait été parmi les premiers à souhaiter la réduction de l’implantation de ces dark stores dans la capitale. Interrogé à la sortie de la réunion, celui-ci s’est félicité de la décision du gouvernement : « Il faut que nous entrions dans une ère de régulation de ces activités. Ce n’est pas le Far West, il y a des règles et des acquis sociaux. Ça va dans le bon sens, mais c’est à confirmer dans les jours à venir ». Il a cependant tempéré en disant que les dark stores n’étaient pas non plus persona non grata à Paris : « Il y a encore des endroits où ils pourront s'installer. Nous avons des sites pour la logistique urbaine où ils pourront aller, sans créer de nuisances pour les riverains ». Du côté des acteurs du quick commerce, on regrette la décision, à l'image du directeur de Flink, François d'Hautefort, qui déclare : « Nous nous étonnons un peu de l'acharnement dont nous sommes victimes en ce moment car nous sommes un épiphénomène par rapport à beaucoup d'autres nuisances en ville ».

 

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