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Immobilier

Rencontre avec Gabriel Franc, président du Groupe Franc

10.12.2020 • 09h26
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par Emilien VILLEROY
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Groupe Franc/Panhart

Rassemblant plusieurs agences d’architectures, le Groupe Franc traite de nombreux projets dans le domaine tertiaire, avec une expertise développée depuis les années 2000 sur les bâtiments logistiques. Un travail architectural qui a évolué avec les besoins du secteur.

Quel est votre rôle aujourd’hui, en tant que cabinet d’architecte, pour faire évoluer le regard sur l’entrepôt ?

Il est de notre responsabilité de prendre en compte qu’un bâtiment de 80 000 m² n’est pas neutre dans le paysage, et qu’au-delà des notions de développement durable, nous devons faire des efforts pour nous insérer dans un territoire en proposant une construction de qualité. Nous sommes proactifs envers les utilisateurs pour leur rappeler que la logistique peut être un vecteur de communication et qu’un entrepôt n'a pas à être moins beau qu'un site commercial. Pour le même prix, on peut apporter une attention particulière sur les façades, avec des matériaux différents. Les clients y sont sensibles, mais les territoires et les autorités environnementales demandent également à ce qu’un effort soit fait sur l’architecture de ces bâtiments. Et cette tendance va s’accentuer d’autant plus avec les sujets de logistique urbaine où ces éléments seront impératifs.

 

Est-ce une demande globale de la part des acteurs du secteur ?

Le curseur varie selon les clients : pour certain, ce n’est qu’un coup de rouge à lèvres, avec un intérêt minimum. Mais d’autres sont dans une vision patrimoniale et veulent un nivellement par le haut de leurs sites. Cela a aussi à voir avec l’évolution de la logistique au sein des organisations : aujourd’hui, des sièges régionaux sont parfois liés aux espaces logistiques, et avec la mécanisation, la valeur au mètre carré de ces actifs est parfois impressionnante.

 

Comment travaillez-vous cette intégration de la logistique dans les territoires ?

Tout d’abord par un soin porté à l’architecture paysagère. Les fonciers de la logistique sont parfois imposants, et il faut donc se servir du paysage comme d’un élément structurant du projet, avec des merlons [levées de terre] pour limiter les bruits par exemple. Cela passe aussi par l’utilisation de matériaux plus nobles comme du bois, un travail sur la volumétrie et la colorimétrie des bardages avec de l’inox par exemple. Nous avions reçu le grand prix du Simi en 2014 pour un bâtiment Sogaris en bordure de l’A86 à Créteil (94). Il s’agissait de la réhabilitation d’un site avec 4 000 m2 de bureaux et 20 000 m2 de logistique. Nous avions alors conçu sur l’avant un bardage couleur or, avec de grands lambris.

 

Ce travail se poursuit également en intérieur…

Oui. Nous proposons des charpentes en bois. Nous peignons les murs en blanc ou avec des couleurs. L’éclairage naturel est travaillé avec des ouvertures au-dessus des portes à quai. Cela se traduit aussi par un soin apporté aux espaces de repos, de bureau, ou aux extérieurs. Dans les sanitaires, plutôt que d’avoir une salle toute simple avec du carrelage blanc, on peut mettre de beaux plans de travail, des miroirs insérés dans le mur, des faux plafonds… Il faut que ces espaces soient plus agréables à vivre au quotidien, et ne pas juste viser le moins cher.

 

Quels acteurs avez-vous pu accompagner sur ces questions ces dernières années ?

Nous avons collaboré plusieurs fois avec Veepee [anciennement Vente-Privee], qui considère ses bâtiments comme une façade d’expression et de publicité, et sur les devantures desquels nous avons monté des bardages roses très visibles. Cela coûte plus cher, mais c’est un vecteur fort de communication. Nous avons travaillé avec Carrefour également, pour repenser l’identité visuelle de leurs sites. Nous avons développé un book architectural dont ils se sont servis quand ils allaient voir les municipalités, afin de mettre en lumière leur différence, l’aspect visuel et le confort des bâtiments, ce qui leur a donné une crédibilité plus forte. Ce document, nous l’avons réalisé en partenariat avec les RH et les instances syndicales, afin d’y inclure les salariés. Et depuis, nous avons accompagné Carrefour sur le développement de nouvelles plateformes et le réaménagement d’entrepôts existants. Trois autres bâtiments en cours de construction, qui représentent 350 000 m², se basent toujours sur ce modèle.

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