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Logistique du froid : concilier performance et développement durable (partie 2)

09.09.2021 • 09h04
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par Charlotte COUSIN
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Par nature énergivore, la logistique du froid travaille à rendre la production du froid plus verte à travers un ensemble d’actions mêlant innovations matérielles et bonnes pratiques.

Un mix d’actions

Pour le président de La chaîne logistique du froid, les alternatives durables seraient plutôt à aller chercher du côté des dispositifs de récupération de la chaleur, pour ensuite la retransformer en froid et la réinjecter dans le circuit : « Quelques installations permettent de le faire aujourd’hui, et c’est prometteur ». Autre solution évoquée, celle d’utiliser des sources chaudes comme le soleil et être capable de le transformer en froid pour les entrepôts : « Cela permettrait de parvenir à un système abouti, neutre en termes énergétiques ». Une évolution, actuellement en test en laboratoire de façon expérimentale, qui pourrait créer « une vraie rupture technologique », selon Jean-Eudes Tesson. Dans sa démarche RSE, Stef, le spécialiste européen des services de transport et logistique sous température dirigée, intègre pour sa part un travail sur le matériel utilisé pour la construction des entrepôts dédiés au froid : « Nous avons fait le choix d’être propriétaire-concepteur des bâtiments ce qui nous permet vraiment d’optimiser et de profiter d’un retour d’expérience sur l’exploitation donc de travailler sur ces sujets dès la conception », indique Armelle Perrier, directrice du développement durable de l’entreprise. Autre axe travaillé, celui des bonnes pratiques liées au comportement humain, que le prestataire déploie via son système de management de l’énergie certifié ISO 50001 (qui propose des modalités pratiques visant à réduire la consommation d’énergie par la mise en œuvre d’un système de management de l’énergie) : « Nous l’avons mis en place depuis plus de quatre ans et observons des résultats extrêmement performants. En agissant sur les aspects techniques, sur lesquels nous avons une parfaite maîtrise, ainsi que sur les aspects humains en impliquant nos collaborateurs dans la démarche, le groupe a diminué de 22 % ses émissions de CO2 à la tonne passée à quai entre 2014 et 2019, avec un ROI souvent intéressant ».

 

Sofrilog, prestataire spécialiste de la logistique et du transport grand froid, veille de son côté, à utiliser sur ses bâtiments, des fluides frigorigènes propres et naturels à plus de 90 %. Ses nouveaux entrepôts grand froid requièrent en moyenne ces deux dernières années 20 millions d’euros d’investissements lors de leurs constructions : « Les enjeux de consommation électrique y sont énormes, explique Sébastien Bossard, directeur commercial de Sofrilog. Certaines de nos plateformes sont par exemple équipées de systèmes photovoltaïques, en toiture et sur une partie des terrains. La production d’électricité sur un an de ces cellules correspond à quelques jours de congélation ». Parmi les solutions déployées également : des rideaux d’air [appareil créant une barrière d'air venue bloquer le transport naturel de chaleur, ndlr] que ce soit en entrepôt ou en transport, pour éviter la déperdition de froid. Plus largement, ce sont également sur les bonnes pratiques que se jouent chez Sofrilog l’efficacité énergétique du bâtiment : chargement, déchargement, maintenance des matériels, étanchéité des circuits. Pour le groupe familial, la stratégie RSE passe aussi par l’humain avec un volet portant sur l’intéressement des employés, et à travers une vigilance accrue lors des recrutements : « Nous ne voulons pas que notre croissance se fasse en perdant ces valeurs humaines fortes. Travailler sept heures, à - 20° C ou - 30° C, n’est pas donné à tout le monde ; on estime à peu près à un tiers les personnes qui ne tiendront pas physiquement au grand froid. C’est un point de vigilance que nous avons en amont des recrutements », indique Sébastien Bossard.

 

Des process améliorés

En tant que maître d’ouvrage, l’entreprise veille également à respecter les normes de sécurité au niveau environnemental et humain. « Nos équipes suivent de nombreuses formations sur les sujets de méthode, process, hygiène, environnement, logistique, écoconduite. En mettant à bout toutes ces petites actions au quotidien, elles représentent des gains importants en termes de consommation énergétique et de développement durable », poursuit Sébastien Bossard. Sofrilog mise en outre sur des process de mutualisation et massification : « Le fait d’être un acteur multi-client nous permet, en entrepôt ou dans le transport, d’avoir de meilleurs taux de remplissage et de faire tourner le plus possible nos véhicules pour optimiser et limiter l’empreinte carbone du produit que l’on transporte ». Une démarche qui passe pour l’entreprise par un nécessaire axe de digitalisation à travers des systèmes d’information interconnectés à son TMS ou son WMS pour réaliser du tracking, de l’optimisation de tournées, de la gestion des approvisionnements : « Il s’agit surtout beaucoup d’humain et de partenariat avec nos clients, d’échanges, de travail collaboratif pour mettre en place avec eux des modèles vertueux d’optimisation, repenser les schémas directeurs logistiques, déployer des process de reverse logistics : pour éviter le gaspillage, nous allons par exemple récupérer chez un certain nombre de nos clients tous les déchets plastiques ou cartons et les compacter ».

 

Travail sur les fluides frigorigènes, efforts portés sur la diminution des nuisances sonores, optimisation des process de transport à travers la massification, mise en place de bonnes pratiques dans l’entrepôt et dans le transport, essor de la digitalisation… C’est un ensemble de démarches qui travaillent à rendre le froid plus vert et plus connecté avec les attentes sociétales, participant à une traçabilité fine au service d’une consommation maîtrisée. « Faisons de la logistique sous température dirigée un fleuron environnementalement positif, faisons pencher définitivement la balance environnementale du côté de la chaîne du froid en lui permettant de gagner en réduisant les pertes, en valorisant au maximum les denrées alimentaires et les produits de santé », conclut Gérald Cavalier.

 

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