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« Dans la supply chain, l'ascenseur social fonctionne »

14.04.2022 • 09h04
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par Emilien VILLEROY
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S’il est parfois vu d’un oeil méfiant par le grand public, le secteur de la supply chain peut se targuer de nombreux atouts pour capter de futurs salariés. Tour d’horizon de ces points forts que les professionnels souhaitent mettre en lumière.

Pas vendeuse la supply chain ? C’est loin d’être l’avis des professionnels et des formateurs, qui soulignent les atouts certains des métiers de la logistique et du transport, aptes à séduire de nouveaux profils. Dans un contexte de pénurie comme celui que connaît le secteur, le premier avantage mis en avant est évidemment celui de la disponibilité des offres. « Notre secteur permet l’emploi pour tous. Outre le nombre très élevé de postes, ceux-ci sont situés dans tout le territoire et concernent tous les niveaux de qualification. Ils permettent l’entrée dans le monde du travail de populations peu ou pas diplômées », note Constance Marechal-Dereu, directrice générale de France Logistique.

 

Mais plus généralement, c’est aussi la capacité d’y faire carrière qui est soulignée avec, pour les talents qui rejoignent les rangs de ces activités, la possibilité de bénéficier d’évolutions de postes et de montées en compétences grâce à des outils de promotion interne très développés. « On le voit dans les actualités du secteur : les hubs et entrepôts se multiplient, avec des besoins forts pour des responsables d’équipes. Et, dans ces métiers d’expertise et d’expérience, il est alors possible pour des gens à des postes opérationnels d’atteindre des métiers plus élevés dans la hiérarchie. Bien sûr, faire des formations diplômantes permet d’y accéder plus facilement, mais tout le monde n’a pas forcément la possibilité de faire des études. Cependant, en passant par la petite porte, on voit qu’il y a des vraies opportunités pour atteindre des métiers de management basés sur l’humain. Dans la supply chain, l’ascenseur social fonctionne », explique Peter Guillon, président du groupe Promotrans. Près de la moitié des postes de management dans le secteur sont ainsi issus de la promotion interne.

 

Un secteur rempli de success stories

Une réalité mise en avant par les organismes de formation, qui évoquent les opérations menées au sein des entreprises pour que les salariés puissent monter en compétences. « Nous sommes en train de travailler sur un projet de formation qui vise à amener des salariés vers un bac+3 logistique, en se basant sur des cursus plus courts et sur l’expérience terrain qu’ils ont déjà acquise. L’idée est d’offrir un tremplin pour prendre des responsabilités dans son entreprise », raconte Loïc Charbonnier du côté de l’Aftral. Des possibilités que ne se lassent pas de raconter les acteurs du secteur, avec des success stories individuelles à tous les niveaux de la hiérarchie : « En entrepôt, vous pouvez arriver à des postes de chef d’équipe ou chef de réception. Dans le transport, vous pouvez devenir affréteur. Notre secteur regorge de belles histoires pour des personnes pourtant parties du plus bas de l’échelle », raconte Jean-Louis Vincent, président d’Opco Mobilités.

 

Idem du côté des managers et spécialistes de la supply chain : « Nous avons des directeurs opérations et métiers, venus de l’opérationnel en entrepôt, qui sont entrés au Comex. Une carrière en supply chain peut donc mener loin. Ensuite, c’est aux entreprises de jouer le jeu et de permettre ces évolutions », estime Guillaume Noirtin, directeur talent acquisition de FM Logistic et membre du Lab RH de France Supply Chain. De plus, pour les métiers de terrain, ouverts aux personnes nondiplômées, les organismes de formation soulignent l’accessibilité des métiers de la logistique, et la capacité à rentrer dans l’emploi rapidement. « Nous proposons des formations complètes de 434 heures. Pour quelqu’un qui ne souhaite pas faire de longues études, cela peut être un accès rapide à un poste qui l’emmènera loin, avec la possibilité de revenir dans nos centres ensuite pour continuer d’évoluer dans sa carrière », explique Peter Guillon.

 

De nouveaux métiers et besoins

Industrie en transformation constante, intégrant de la robotique et des outils informatiques modernes, la supply chain peut également se targuer d’un dynamisme technologique et opérationnel. « Il y a une large offre de métiers qui n’étaient pas là auparavant, accélérée par le déploiement de nouvelles technologies dans les process de production », résume Guillaume Noirtin. On voit aussi apparaître de nombreux métiers, liés à la digitalisation et l’automatisation des flux, mais aussi l’analyse des datas et des interfaces avec les systèmes. « Comparée à d’autres secteurs sous tension, la logistique doit faire valoir son agilité. En dix ans, avec l’e-commerce et le dernier kilomètre par exemple, notre secteur a été transformé et c’est là-dessus qu’il faut capter l’attention des jeunes. Finie l’époque de l’inventaire annuel à la main, on parle de drones. Pour réduire la pénibilité, on déploie des exosquelettes. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est le quotidien des sites logistiques ! », note Olivier Weitig, président de l’AETL.

 

Dans ce contexte, la diversité des emplois peut donc être un atout pour toucher des publics plus jeunes, qui souhaitent s’épanouir dans leurs carrières. « En 25 ans dans la supply chain, je n’ai jamais fait le même métier plus de deux ans ! On peut changer de poste mais rester dans le même domaine d’activité, ou bien conserver son poste mais partir vers un autre secteur. Tout est possible, car nos métiers ouvrent des portes : on trouve de la supply chain dans l’alimentaire, le retail, l’e-commerce, la santé, avec à chaque fois des postes et des défis très différents. Dans certaines entreprises, la supply chain devient un métier de la vente, plutôt que d’exécution », note Marie-Laure Furgala, directrice de l’Isli chez Kedge Business School.

 

Des métiers utiles à la société

Plus généralement, la logistique et le transport veulent faire valoir l’importance que leurs activités occupent dans la vie quotidienne du pays. Un moyen de répondre aux attentes des nouvelles générations, souhaitant participer à des activités économiques porteuses de sens. « Quand on est dans un entrepôt, on prend conscience de son utilité à la société, tant ces flux connectent tout le monde », note Peter Guillon. Des interrogations sur l’impact de son emploi que les entreprises doivent prendre en compte dans leur attractivité, avec la nécessité de travailler leur marque employeur. Dans ce sens, le Lab RH de France Supply Chain est une plateforme d’échange précieuse pour le secteur afin de comprendre et d’identifier les évolutions des demandes des candidats dans cette quête de sens. « On voit que les jeunes sont sensibles aux questions de RSE et d’environnement : il ne faut pas que ces sujets soient gadgets, mais intégrés dans la stratégie d’entreprise », notre Guillaume Noirtin. Cet angle RSE est également un élément crucial auprès des étudiants des formations supply chain, et peut être décisif dans le choix de l’entreprise. « Si votre organisation n’a pas de levier environnemental, les jeunes n’écoutent pas. C’est une voie par laquelle nous pouvons rendre les métiers plus attractifs, car la supply chain propose de vrais leviers de transformation durable. À certains postes de direction, vous avez la main sur une grande partie de l’empreinte carbone de l’entreprise, des emballages aux mobilités vertes », raconte Marie-Laure Furgala.

 

 

> Retrouvez ici l'intégralité des articles du dossier Sous tension, la logistique cultive son attractivité.

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Logistique et transport se mettent au service des JO de Paris 2024

La visibilité de la logistique et du transport passe aussi par sa participation aux moments forts de la vie culturelle et sportive du pays. « Notre branche est au cœur de tous les grands évènements, on le voit chaque année avec le Tour de France par exemple et son partenaire XPO. C’est l’occasion de rappeler que la logistique est partout ! », déclare Nancy Noël, directrice aux affaires sociales chez Union TLF. L’association professionnelle s’est donc engagée en amont des Jeux olympiques de Paris 2024 pour lancer une démarche collaborative intitulée « Une logistique en or », impliquant des associations, fédérations et syndicats du secteur qui souhaitaient s’investir dans la réussite de ces JO. « Nous avons travaillé pendant un an sur tous les sujets associés à l’organisation de ces Jeux : les flux, l’environnement, la réglementation, les ressources humaines, la formation… Nous avons également échangé régulièrement avec le Cojo [Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques] et la Dujop [Délégation interministérielle aux jeux olympiques et paralympiques] ». Tout ce travail a été formalisé en un ensemble de 53 propositions, qui ont permis aux organisateurs de définir des priorités d’actions d’ici à 2024 et d’intégrer Une logistique en or dans l’organisation et le pilotage des Jeux. « Pour nos salariés, c’est une vraie motivation de se dire qu’ils pourront contribuer à leur manière à la réussite des JO, en aidant à acheminer les marchandises qui serviront à construire les sites, et à préparer l’évènement, avant et pendant. Nous avons par ailleurs demandé à être inscrits dans l’Edec [Engagement de développement de l’emploi et des compétences] Grands Évènements, pour que notre secteur soit pris en compte au même titre que les acteurs de la sécurité et de la propriété », indique Nancy Noël.

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