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France Logistique présente 12 propositions pour une logistique plus performante

08.02.2022 • 16h10
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En amont des élections présidentielles, l’association France Logistique dévoilait le 8 février 2022 une série de 12 propositions, à destination du monde politique, pour répondre aux besoins et aux enjeux des secteurs de la logistique et de la supply chain, entre gouvernance, environnement, optimisation et attractivité.

Après deux années d’existence, l’association France Logistique, présidée par Anne-Marie Idrac, poursuit ses efforts pour réunir et porter la voix des professionnels de la logistique et du transport de marchandises. En effet, depuis son lancement début 2020, celle-ci a pu accompagner les mutations fortes qu’a connu le secteur dans un contexte sanitaire exigeant qui a mis en lumière le rôle essentiel des logisticiens et des transporteurs pour assurer l’approvisionnement du pays, qui représentent 10 % du PIB, 1,8 million d’emplois et 600 000 camions en France. « Dans le contexte actuel, il faut souligner l’importance de la logistique pour les relocalisations industrielles, la modernisation des commerces, le développement des territoires et de l’import-export. Sans oublier, l’engagement renouvelé des professionnels pour la décarbonation de chacun des maillons de la chaîne à des rythmes réalistes et pragmatiques », détaillait Anne-Marie Idrac dans une conférence de presse donnée le 8 février 2022.

 

L’occasion de se féliciter des résultats obtenus jusque-là, sous le signe d’une reconnaissance des pouvoirs publics des besoins et intérêts du secteur. De nombreuses réalisations ont été citées, tout d’abord, la mise en place d’une task-force sur la transition du transport routier, début 2021, toujours en cours : « L’idée est d’aboutir à un travail collectif, avec les constructeurs de véhicules, les acteurs de l’énergie et les transporteurs, de partager une analyse commune de l’offre disponible et de voir quelles énergies pourront être utilisées de manière écologique et économique », poursuit-elle. Autres succès : la signature de la Charte d’engagements réciproques de l’immobilier logistique en juillet 2021, la Stratégie nationale de développement du fret ferroviaire en septembre 2021, la remise d’un rapport sur la logistique urbaine en octobre 2021 à l’occasion du Cilog ou encore la mise en place des conférences logistiques régionale : deux ont eu lieu à la fin de l’année 2021, et les autres se tiendront courant 2022, pour permettre « un diagnostic commun des situations régionales, et définir des feuilles de routes partagées entre acteurs privés et publics », indique Anne-Marie Idrac.

 

12 propositions à destination des candidat.e.s à la présidentielle

Mais dans un contexte d’élections présidentielles, l’association souhaite également porter sa voix auprès des candidat.e.s. « C’est la première fois que la filière logistique intervient dans le débat avant les élections, et nous allons continuer à porter notre voix auprès des pouvoirs publics actuels et des personnes en lice pour les élections de ce printemps. On ne pourra ni relocaliser l’industrie, ni moderniser nos commerces sans une filière transport de marchandises et logistique performante en France. C’est un levier essentiel pour la relance, la décarbonation et la souveraineté », résume Anne-Marie Idrac. Pour cela, France Logistique dévoile 12 propositions pour un transport et une logistique « au service d’une France performante », s’articulant autour de quatre grands axes.

Le premier concerne l’installation d’une gouvernance politique forte pour de nouvelles ambitions logistiques françaises. « Le rapport Daher-Hemar en 2019 avait bien repéré que nos pays voisins bénéficiaient d’une gouvernance privé-public qui leur permettait d’être compétitifs sur les marchés du transport et de la logistique. En effet, les sujets autour de la filière ont transverses et nombreux, allant de l’économie à l’industrie, en passant par le commerce, l’énergie et l’environnement ». Dans ce sens, France Logistique souhaite accentuer la coordination ministérielle avec une présidence effective du Cilog menée par le Premier Ministre, un portage politique des sujets logistiques à des échelles territoriales et communales (en lien avec la création de ZFE), et même ajouter un intitulé logistique au sein d’un ministère (par exemple « Ministère de l’Industrie et de la Logistique »).

 

Des efforts à mener du côté de l’environnement et du développement économique

Deuxième grand axe, celui de l’impact environnemental des activités de mobilité, sujet déjà pris à bras le corps par le secteur. Pour France Logistique, son accélération passera par trois grands angles : en premier lieu, la réduction des distances, qui passera par l’aménagement des territoires avec une logique de planification et la construction d’entrepôts plus « écologiques ». Ensuite, la mutualisation et la massification, par le biais du transport ferré et fluvial, avec une accélération des investissements en infrastructures pour les modes massifiés. Enfin, la transition énergique de la route, qui restera le mode de transport dominant dans les années à venir, par le verdissement des motorisations et des carburants, en travaillant sur la cohérence entre les réglementations (particulièrement avec les vignettes Crit’air), sur les aides financières et les solutions alternatives disponibles.

 

Troisième chantier cité par France Logistique, une meilleure utilisation des chaînes de transport et de logistique en France pour le développement de l’économie. « Nous sommes une filière clé pour la souveraineté économique de la France, pour son expansion à l’international, dans un contexte de forte concurrence », note Anne-Marie Idrac. Pourtant, France Logistique regrette que 40 % du transport routier en France se fasse sous pavillon étranger, avec des ports français loin des résultats des grands ports du Nord de l’Europe. Dans ce contexte, pour viser des gains de compétitivité, l'association se déclare favorable à des réductions des impôts de production ou des cotisations sociales, avec une harmonisation européenne des règles sociales et fiscales du transport routier. Plus globalement, France Logistique évoque la simplification pour l’installation des sites logistiques, une meilleure intégration des problématiques logistiques dans les démarches de développement économique, et un travail à mener encore et toujours sur l’attractivité des ports et de leur hinterland.

 

L’attractivité du secteur, cruciale face à la pénurie de main d’œuvre

Enfin, dernier axe de travail pour France Logistique, la question de l’attractivité du secteur dans un contexte de manque de bras face à la demande des entreprises. Car si le secteur comprend 1,8 million de salariés, avec une création nette de 30 000 postes par an, la pénurie de main d’œuvre s’accroît, accentué par une pyramide des âges défavorable dans le monde du transport, qui risquerait d’impacter l’activité des entreprises. « Pourtant, les emplois de notre secteur sont ouverts à tous les niveaux de qualification, avec un fort ascenseur social et une montée rapide en compétences, dans toutes les zones géographies. Il est donc nécessaire d’avoir une communication politique positive sur le secteur, en plus des actions relevant du secteur privé : présentation des métiers, de leur diversité et des capacités d’évolution », estime Anne-Marie Idrac. Celle-ci souligne l’atout que représente l’apprentissage dans ce contexte, « levier correspondant parfaitement à la philosophie de nos métiers et de nos entreprises », tout en précisant que les actions de communication politique doivent être complétées par les actions relevant du secteur privé.

 

 

 > Le détail des propositions de France Logistique est à retrouver en intégralité sur le site de l'association

 

 

 

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