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Gérer sa maintenance chariot

19.07.2016 • 18h15
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par Charlotte COUSIN
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3. Externalisation vs internalisation : Comment faire le bon choix ?

Sous-traiter sa maintenance ou la conserver en interne ? Aujourd'hui, aux dires des fabricants et concessionnaires de chariots, la tendance à l'externalisation est forte et réaliser la maintenance complète de son parc en interne via des salariés de la société est une situation qui tend à disparaître.

« Il y a quelques années, certains secteurs d'activité comptaient des ateliers intégrés qui intervenaient sur tout le panel des machines : ils assumaient à la fois la maintenance de l'outil de production, celle des véhicules et celle des chariots », observe Jean-Marie Doria, directeur national réseau SAV chez Toyota Material Handling France. Dans un marché aujourd'hui plutôt tiré par des secteurs comme la distribution ou la logistique, contrairement au passé où prédominaient des activités d'industrie et de fabrication, on peut noter une évolution naturelle : les entreprises qui avaient pour habitude d'avoir des services maintenance en propre et possédaient les ressources nécessaires pour intégrer la partie chariot dans leurs plans, sont beaucoup plus rares. 

 

Leur diminution s'est donc réalisée au profit de la logistique et de la distribution, des secteurs à l'architecture interne très différente et ne possédant pas les compétences en interne pour la maintenance chariots ou ne souhaitant plus l'avoir. « Dans la partie nord de la France, qui est très industrielle, de plus en plus de clients qui avaient conservé en interne leur service de maintenance de chariots élévateurs font appel à nous pour reprendre la prestation, indique Michel Labre, responsable du service Aprolis pour la région Nord/Picardie et la zone Belgique/Luxembourg. En général lorsque les salariés partent à la retraite, les entreprises en profitent pour diminuer leur effectif et ne plus être amenées à gérer cette maintenance ». Une décision permettant à la société d'avoir des dépenses fixes, de maîtriser ses coûts mais aussi de ne plus se soucier de problèmes d'approvisionnements de pièces ou encore des relations internes entre clients et fournisseurs. Des avantages non négligeables appréciés par les entreprises. D'autant que les prestataires leur apportent une spécialisation qu'il leur est alors inutile de posséder.

 

Priorité à l'outil de production

Les professionnels développent des formules de contrats et d'accompagnement de leurs clients de plus en plus ciblées. Il s'agit, en tant que spécialiste formé, de soulager les entreprises de la maintenance qui se révèle être un métier à part entière. « Un industriel de l'agroalimentaire par exemple aura davantage vocation à orienter son service maintenance vers son outil de production qui pourra être sa chaîne de conditionnement, ses cuiseurs, etc. tandis que nous devons nous montrer un partenaire capable de faire des propositions aux utilisateurs pour les soulager de la partie maintenance chariots. Être un spécialiste nécessite de suivre des formations ciblées, cela n'a donc que peu de sens économiquement qu'un client spécialisé en logistique se spécialise en manutention », poursuit Jean-Marie Doria. Les équipes de maintenance en interne se concentrent souvent sur les problématiques de production des entreprises. La maintenance des chariots s'ajoutant à cette activité prioritaire est alors susceptible de devenir une charge mal maîtrisée pour l'entreprise. Sa capacité à l'externaliser peut lui apporter davantage de compétence et de réactivité par la suite.

 

La tendance à l'externalisation s'inscrit ainsi dans une logique de performance et d'amélioration de la productivité. « Les équipes de maintenance interne ont pour coeur d’activité l’optimisation et la disponibilité de l’outil de production de l’entreprise. Bien que stratégique pour le bon fonctionnement de la chaîne logistique, la maintenance des chariots n’est pas la mission première des équipes de maintenance interne. Ainsi, il importe au client de nous transférer la maîtrise du risque afin de se concentrer entièrement sur son activité », observe Étienne Garnier, chef de produits SAV chez Jungheinrich.

 

Montée technologique

L'évolution des chariots peut aussi expliquer cette tendance à l'externalisation de leur maintenance. « Cette montée technologique constitue un verrouillage constructeur de la partie maintenance, juge Jean-Michel Mette, directeur ventes et marketing chez Unicarriers France. On en revient toujours à la même notion de compétence et, pour ce faire, les technologies sur nos produits nécessitent un savoir-faire propre sans cesse renouvelé. Il est donc très complexe pour une entreprise aujourd'hui d'intégrer à 100 % cette partie-là. » À l'image du secteur de l'automobile, où il devient difficile d'intervenir soi-même sur les véhicules, la maintenance sur des chariots de plus en plus performants mais avec des particularités techniques et la présence de l'électronique embarquée, demande des connaissances accrues et les rend plus sensibles à maintenir soi-même. D’où la tentation de confier cette charge à un prestataire. « Tout ce qui concerne ne serait- ce que la partie informatique nécessite des mises à jour régulières. Les PC de nos techniciens de maintenance étant par définition à jour, cela leur permet d'intervenir rapidement », illustre Yann Rodrigues, responsable des solutions de management de flotte chez Still. « Il reste possible pour le client de réaliser des appoints sur certains fluides, éventuellement de changer un pneumatique mais cela reste limité dans le monde industriel. Si vous prenez l'exemple des petits artisans, des petits agriculteurs, ils sont encore amenés à faire de la réparation mais uniquement sur des engins très basiques et d'ancienne génération », expose Michel Labre.

 

Se dirigerait-on donc inévitablement vers une gestion de la maintenance chariot externalisée ? « Oui, car les chariots sont plus complexes qu'auparavant ; les clients gèrent le personnel attitré à leur entreprise et non plus un atelier décentralisé de maintenance, mis à part dans les usines. Et même dans ces dernières, certains clients ont des techniciens habilités à intervenir sur leurs machines mais ne veulent plus les faire opérer sur les chariots, pour ne pas perdre de temps », illustre Marcel Leite, président de Delagnes Manutention, concessionnaire Hyundai.

 

Modalités d'investissements

Toutes ces considérations s'inscrivent aussi dans une logique de coûts. Les entreprises ont beaucoup évolué en travaillant sur des budgets de fonctionnement plutôt que sur des budgets d'investissements, ce qui a favorisé la location. Et en location, le client n'étant pas propriétaire de la machine, il débourse alors un budget pour une fonction et non plus pour un matériel. C'est-à-dire qu'il va affecter des ressources financières à la mise en place de matériels incluant une partie de service : « En fait ce n'est pas le produit qu'il va payer mais ce que lui apporte le produit. Cela signifie que la machine, quelle qu'elle soit, doit être disponible, en bon état, etc. Cette philosophie- là a aussi beaucoup contribué au fait que l'externalisation se soit étendue, et pas seulement sur la partie maintenance », détaille Jean-Michel Mette.

 

Le chariot élévateur en tant que tel n'est alors plus un produit, ni une machine ou un investissement, il devient une fonction comme on pourrait l'avoir sur de la bureautique, de l'informatique ou sur une imprimante. Une maintenance effectuée par le constructeur peut alors revenir moins cher au client, « parce qu’il confie son matériel à un professionnel qui connaît bien ses chariots et respecte les notices d’entretien ainsi que la planification des visites qui y sont liées. Et puisqu’une maintenance préventive correctement effectuée évite les pannes, cela conduit à réduire la maintenance curative et par voie de conséquence, les coûts globaux liés au chariot », poursuit Audrey Maquart, chef de produit services chez Fenwick-Linde.

BUZZ LOG
“Dans les cinq ans, il risque d’y avoir une vraie évolution du côté des emballages connectés, qui devrait également permettre davantage de personnalisation. Le défi consiste à proposer des solutions avec un vrai sens écologique pour se différencier.”
— Christophe Fournel, en charge du développement de l’Esepac
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