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Palette et supports : acteurs historiques d'une vision circulaire

22.04.2020 • 14h45
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par Emilien VILLEROY
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Chep

Recyclables, réutilisables ou encore intégrés dans des schémas logistiques durables, les supports pour la manutention ont les principes d’économie circulaire inscrits dans leur ADN. LPR, Chep, Euro Pool System et Craemer reviennent sur les concepts qu’ils mettent en place pour offrir une logistique plus durable.

1. Zoom sur la palette locative

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Pour les acteurs du monde de la palette locative, le principe de l’économie circulaire est souvent à la base même de leur business model. Proposant des équipements réutilisables par un grand nombre d’acteurs tout au long de la supply chain, ces entreprises ont mis en place des schémas logistiques bien rodés : les palettes sont mises au service de clients industriels qui les utilisent en fin de production puis les livrent à leurs partenaires dans la grande distribution. Après usage, ces palettes sont redirigées vers des centres de traitement dédiés afin d’être vérifiées, éventuellement réparées puis remises en circulation. « Nous sommes réellement dans une optique de durabilité et de circularité. Ce sont des principes qui irriguent toutes nos décisions », explique Latifa Gahbiche, PDG de Chep France, spécialiste mondial des supports de manutention.

 

Une rigueur qui débute dès la conception des produits. « Il s’agit d’un principe d’économie de fonctionnalité : nous allons vendre la fonction de notre produit, pas la palette elle-même, qui reste notre actif. Il est donc nécessaire pour nous de produire du matériel résistant qui pourra être utilisé sur le long terme dans une logistique circulaire », juge Gaël Gonzalez, responsable Europe sécurité, santé, environnement et qualité chez La Palette Rouge (LPR), autre grand acteur européen de ce type de supports. Disposant de plusieurs dizaines de millions de palettes bois en pool dans toute l’Europe, LPR les conçoit dans une optique de réutilisation, avec une durée de vie pouvant atteindre dix ans. Même son de cloche du côté de Chep, qui porte un intérêt tout particulier à l’écoconception de ses produits en visant la durabilité. « Nous travaillons tout particulièrement sur la revalorisation des déchets à tous les niveaux. Nous récupérons ainsi toutes les palettes cassées afin d’utiliser leur bois dans la réparation et la fabrication d’autres palettes, ce qui nous permet d’économiser beaucoup de matière. Nous repensons également la structure de nos supports pour améliorer leur durabilité », explique Latifa Gahbiche.

 

Des flux mutualisés

La vision circulaire de LPR et Chep passe aussi par une organisation optimisée, s’appuyant sur de denses réseaux de centres de services qui couvrent les territoires français et européen, afin d’être au plus près des clients et d’offrir une logistique de proximité. « Nous livrons près de 5 000 sites clients, qui eux-mêmes vont dispatcher leurs produits vers des dizaines de milliers de points de distribution. Il s’agit ensuite pour nous de récupérer et recentraliser tous nos supports. Notre métier, au-delà d’être celui de fournisseur de palettes, est donc bien celui de logisticien. Il s’agit d’optimiser la gestion des stocks et des flux en déterminant le meilleur maillage pour récupérer ou livrer nos supports. Nous sommes dans un ajustement permanent afin de joindre la logique économique et environnementale », résume Gaël Gonzalez.

 

Pour cela, LPR comme Chep cherchent à développer la mutualisation des flux logistiques de leurs clients, s’appuyant sur la vision transversale qu’ils ont de leurs parcs de palettes. « C’est l’avenir de notre métier que de construire ces partenariats logistiques avec nos clients, qui apportent des solutions plus écologiques », estime Gaël Gonzalez. Un avis partagé par Chep, qui œuvre pour optimiser son transport en s’appuyant sur son large réseau, avec près de 55 000 clients dans le monde. « Il y a un travail de fond à faire avec les industriels et les distributeurs pour s’assurer que nos circuits de ramassage soient les plus optimisés et réduire ainsi les kilomètres à vide. Grâce à notre position unique d’intermédiaire, du premier au dernier kilomètre, nous pouvons collaborer avec tous les maillons de la chaîne et mettre en lumière des axes possibles d’amélioration », explique Latifa Gahbiche.

 

Une mutualisation qui passe par la multimodalité

Dans une optique multimodale, Chep collabore ainsi avec Danone sur ses flux à destination de l’Angleterre. « Danone envoyait ses produits outre-Manche par le rail mais ses trains rentraient ensuite à vide vers la France. Nous avons monté un programme afin d’utiliser ces flux retours pour le transport de nos palettes, ce qui nous a permis de mettre 741 camions en moins sur les routes ». Chez LPR, ce sont les flux ferrés de Nestlé qui sont utilisés, afin de limiter les transports à vide et intégrer les palettes dans les circuits retour entre les différents sites de production de l’entreprise et les bassins de consommation. De quoi répondre à l’objectif affiché de LPR de réduire de 20 % son empreinte carbone par palette livrée. « Nous sommes déjà dans un système très optimisé – réduire l’empreinte de notre modèle est donc un vrai défi », estime Gaël Gonzalez. Très mobilisé sur le sujet également, ayant récemment annoncé une réduction d’au moins 7 % de ses émissions d’équivalent CO2 d’ici 2021, Chep a lancé à l’automne dernier le programme Zero Waste World en Europe, basé sur la collaboration entre des sociétés engagées à créer des supply chain optimisées et durables. « Une bonne partie de nos clients s’intéressent à ces thématiques au sein de leur propre production. Nous voulons qu’ils agissent maintenant en amont et en aval de leur supply chain, en incluant leurs partenaires et prestataires, afin de découvrir de nouveaux axes d’amélioration », résume Latifa Gahbiche. Ce sont ainsi déjà 200 clients que Chep a pu faire dialoguer autour de projets collaboratifs durables.

BUZZ LOG
“Il faut aller vers le ré-engineering permanent des organisations logistiques, avec une re-conception permanente des réseaux, des méthodes et des savoirs faire”
— Phillippe-Pierre Dornier, président de Newton.Vaureal Consulting
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