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INTERVIEW

Comment Nespresso réduit les émissions de son transport en France

17.12.2020 • 12h30
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par Emilien VILLEROY
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Nespresso

Une relation de partenariat forte est nécessaire avec nos prestataires, avec des contrats long terme qui leur offrent de la visibilité pour lancer des investissements.
Stefano Barizza, directeur des opérations de Nespresso, leader mondial du marché des dosettes de café, revient sur les différents projets lancés durant les 12 derniers mois en faveur d’une logistique et d’un transport plus responsables, aux côtés de ses partenaires, dont Star Service et Stuart.

Comment s’organise la logistique de Nespresso en France ?
La France est l’un des plus grands marchés mondiaux de Nespresso. Nous nous appuyons sur trois sites de préparation dans l’Hexagone : un pour la partie Nord de la France, un deuxième orienté Sud, et un dernier dédié à l’Île-de-France. Cette répartition nous permet d’avoir des délais de livraison et une qualité de service de très haut niveau. Nous travaillons avec des partenaires de transport, sur des contrats longue durée, et autour de trois typologies de livraisons : tout d’abord avec Colissimo du Groupe La Poste pour les livraisons à domicile en boîte aux lettres. Ensuite, une livraison premium en J+1 pour toute commande faite avant 16 h, où nous travaillons avec des prestataires dédiés – en Île-de-France par exemple, nous nous appuyons sur Star Service, mais aussi sur Chronopost et UPS pour le reste de la France. Enfin, nous avons une nouvelle offre que nous avons démarrée il y a quelques mois, qui concerne des livraisons express directement depuis nos boutiques. Ce service a été déployé avec Stuart dans les grandes villes pour des livraisons en deux heures, afin de répondre à des besoins urgents, ou pour nos clients qui souhaitent ne pas se déplacer en boutique dans le contexte actuel de Covid-19.

 

Quelles progressions observez-vous entre l’e-commerce et les boutiques ?
Nous observons une augmentation des volumes plus forte sur le e-commerce par rapport aux boutiques. Celle-ci s’est accentuée avec le confinement, mais la boutique reste au cœur de notre stratégie, car c’est là que nous faisons le lien avec le client, et que nous proposons l’ensemble de notre offre : cafés, machines et services.

 

Comment incluez-vous les problématiques environnementales au sein de votre logistique en France ?
Le sujet de l’impact environnemental a toujours été dans notre ADN. Au niveau mondial, entre 2009 et 2019, nous avons réussi à baisser notre impact carbone de 23 % dans le monde. Cela passe évidemment par les emballages : nous travaillons par exemple à utiliser de l’aluminium recyclé à 80 %, issu de cannettes usagées, pour nos capsules. Mais la logistique y participe aussi, sur les aspects de transport et de distribution. En France, cela passe par plusieurs grands projets déployés sur les douze derniers mois pour avoir une réduction additionnelle des émissions de 6 % entre cette année et 2022. Nous nous sommes engagés en ce sens dans la démarche Fret 21. Le premier projet se fait en collaboration avec Star Service, notre prestataire de transport depuis 2015, avec lequel nous travaillons pour avoir un service client amélioré – créneaux de livraison en deux heures, suivi de l’arrivée du livreur en ligne... – avec un impact environnemental réduit. Nous avons récemment décidé avec eux de remplacer tous les véhicules utilisés pour nos prestations par des véhicules électriques. Concrètement, nous avons installé des bornes de recharge juste à côté de notre entrepôt francilien, et la flotte de 250 véhicules de Star Service est désormais utilisée pour nos livraisons en 24 h, sur Paris et sa petite couronne pour le moment. Cela concerne plus de 1 000 commandes par jour. Parallèlement, nous travaillons aussi sur l’optimisation des flux avec Colissimo du Groupe La Poste : nous avons plusieurs navettes par jour avec eux et nous voulons réduire l’impact avec une meilleure planification, afin d’avoir des camions toujours pleins.

 

Vous collaborez également avec Stuart pour des livraisons propres...
Tout à fait. Là encore, il s’agit d’offrir un service de qualité au client, avec un café livré en deux heures, mais sans impact environnemental. Nous avons déployé ce service-là sur 18 boutiques et 12 grandes villes (Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes...). C’est un service que nous avions testé avec Stuart auparavant, mais qui s'est vraiment accéléré pendant le premier confinement, avec quatre boutiques initialement lancées durant cette période. Ces livraisons sont faites intégralement en vélo, après préparation en boutique, et nous avons quelques centaines de commandes traitées quotidiennement, avec des variations parfois fortes selon les jours.

 

Les flux vers vos boutiques font-ils aussi l’objet d’un travail de réduction des émissions ?
Oui. Nos boutiques sont livrées entre une et quatre fois par semaine, mais ces flux ne peuvent pas passer par des véhicules électriques, car l’autonomie et les dimensions ne le permettent pas. Pour l’instant, nous avons donc décidé de passer par des camions GNV, qui permettent de réduire fortement les particules fines et plus généralement les émissions. Nos boutiques franciliennes sont déjà servies par ce type de véhicules, et bientôt le reste de la France. Cela nécessite une relation de partenariat forte avec nos transporteurs, avec lesquels nous sommes force de proposition pour la mise en place de solutions innovantes. Pour cela, il est nécessaire d’avoir des contrats sur le long terme, qui leur offrent de la visibilité et de la sécurité pour lancer des investissements.

 

Constatez-vous des efforts dans le monde du transport et de la logistique pour offrir plus de services décarbonés ?
Je pense que tout l’écosystème est en train de bouger dans la bonne direction... et Nespresso aussi. À chaque appel d’offres, nous incluons dans notre cahier des charges la nécessité de proposer des services visant une réduction de l’impact carbone. Nous essayons de pousser nos partenaires à bouger le plus vite possible. Sur le long terme, notre vision est d’arriver à une empreinte carbone zéro. Aujourd’hui, nous travaillons à la compensation. En France, depuis 2016, nous plantons chaque année 500 000 arbres pour compenser nos émissions dans l'Hexagone. Mais notre objectif reste d’éliminer complètement ces émissions, pour réussir à avoir un impact positif.

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