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INTERVIEW

Face à face : Vittorio Battaglia, président de Gefco France

28.10.2021 • 09h03
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Gefco

Nous avons dû réinventer des solutions qui semblent simples, mais qui exigeaient beaucoup de réactivité, de rigueur et une collaboration sans faille.
Pour sa première prise de parole depuis sa nomination au poste de président de Gefco France le 1er novembre 2020, Vittorio Battaglia revient sur la façon dont l'entreprise de transport et de logistique fait face à la crise sanitaire, poursuit sa transformation digitale et accélère son développement sur l'ensemble de ses activités.

En mai dernier, Gefco annonçait un chiffre d'affaires en baisse de 19,7 % sur l'exercice 2020, ainsi qu'une réduction de plus de la moitié de son endettement. Comment se porte le groupe aujourd’hui en France ?

Effectivement, nous avons assisté à une baisse des activités sur l’année 2020, mais la situation du premier trimestre 2021 est positive, avec des résultats en très forte amélioration. Nous réalisons un EBIT de 4,8 % grâce à un travail d’optimisation, de flexibilité, de contrôle des coûts et d’une adaptation globale de l’entreprise face aux nouveaux modes de vie et de travail que nous venons de connaître. Nous avons en parallèle une bonne dynamique commerciale et sommes parvenus à une réduction significative de l’endettement. La pandémie nous a finalement appris à vivre avec une instabilité du business, à mieux utiliser nos moyens de transport, à réagir aux demandes de clients et à faire preuve de flexibilité. Maintenant que les volumes commencent à revenir, nous pouvons profiter de toute cette expérience.

 

Quels ont été vos plus grands challenges durant ces mois impactés par le Covid-19 ?

Apprendre à vivre dans un contexte que nous ne connaissions pas ! Cela a été très difficile, tant d’un point de vue humain que business. Notre première attention a donc été de défendre la santé de tous : nos collaborateurs, nos clients et nos fournisseurs. Nous avons cherché à garantir le service dans ces situations au travers d’une plus grande flexibilité, mais également de pragmatisme et de collaboration. Cela s’est notamment vérifié dans la recherche de solutions de transport, d’approvisionnement, d’affrètement… Nous avons dû réinventer, tous ensemble, des solutions qui semblent simples, mais qui, à ce moment précis, exigeaient beaucoup de réactivité et de rigueur. Nous y sommes arrivés grâce à la transparence et une collaboration sans faille.

 

Ressentez-vous la reprise économique annoncée et quels sont vos objectifs pour ces prochains mois ?

Nous voulons être optimistes et constatons clairement les conditions d'une reprise. Au niveau de l’Hexagone, nos perspectives sont plutôt positives, mais il est néanmoins nécessaire de tenir compte de deux variables importantes : l'incertitude face à la situation sanitaire et la crise des semi-conducteurs. Cette pénurie importante durera au moins jusqu’à la fin du premier semestre 2022 et toute l’industrie automobile y fait face. Nos racines sont très fortes sur ce secteur, nous continuons donc d’accompagner durablement nos clients tout en poursuivant le parcours de diversification du groupe vers d’autres industries : agroalimentaire, pharmaceutique, high-tech, aéronautique… Sans oublier l’e-commerce. Cela nous permet de mettre à disposition notre expérience d’un secteur à un autre et de renforcer le partage de connaissances. Ces opportunités de développement nous rendent confiants pour l’avenir, mais nous restons néanmoins vigilants et poursuivrons nos efforts en termes de coûts et de flexibilité dans les mois à venir.

 

Quels sont les moyens mis en œuvre pour y répondre ?

Nous tirons les enseignements de tout ce que nous avons appris ces derniers mois. Le marché du transport pèse entre 300 et 350 milliards au niveau européen. En France, le transport et la logistique représentent 1,9 million de personnes et environ 10 % du PIB. Il n’existe aucun produit qui ne soit pas un jour passé par un moyen de transport quel qu’il soit. La société a finalement réalisé l’importance du monde de la logistique et du transport parce qu’il est transversal dans nos vies. Mais ce marché est fragmenté, composé d’un nombre d’opérateurs très important, nous poussant à rechercher des axes d’amélioration importants dans la façon de faire notre métier. Je pense notamment à la pénurie et au temps d’attente des chauffeurs. Cela nous offre l’opportunité de réfléchir à comment faciliter le travail de ces derniers via une action conjointe avec les expéditeurs, les distributeurs et les opérateurs de transport pour rendre les flux les plus homogènes possibles et mettre de l’intelligence dans cette gestion. Pour faire cela, le système doit s’ouvrir davantage, collaborer de façon transparente, mais également s’appuyer sur la digitalisation. Mieux l’on visualise nos flux quotidiens, plus nous avons la possibilité d’offrir un transport efficient, fluide et indirectement beaucoup plus vert. La digitalisation peut permettre d’améliorer l’utilisation des camions par les sociétés de transport, de façon plus partagée avec différents acteurs de la logistique. Cette transformation digitale se traduit notamment au travers de la mise en place de solutions TMS et WMS Blue Yonder.

 

Qu’attendez-vous de ces outils ?

Nous allons pouvoir nous appuyer sur des outils plus ergonomiques et plus complets, offrant un contrôle et une visibilité accrus. Néanmoins, nous ne devons pas oublier que le système en soi ne fait pas tout le travail. La digitalisation n’est efficace que si elle est accompagnée d’un vaste travail de préparation, de changement et de transformation de l’entreprise. Sans cela, nous ne sommes pas en mesure d’exploiter toutes les fonctionnalités d’un outil, aussi puissant soit-il. Dans cette phase de transformation, nous collaborons notamment avec une de nos filiales disposant d’un système digital de mise en relation entre prestataires de transport et clients, Chronotruck, et travaillons également autour de la mobilité au travers de notre plateforme digitale Moveecar connectée à un écosystème logistique physique, permettant d’offrir une expérience phygitale aux acteurs du secteur automobile et de la mobilité.

 

En tant que président, comment vivez-vous toutes ces transformations initiées au sein de Gefco France ?

C’est très exaltant et motivant ! Lorsque l’on parle de transformation, il est nécessaire de réfléchir à l’évolution de la demande, rester très attentif aux inputs des marchés et être présent sur le terrain. Après tous ces mois de crise sanitaire, nous avons désormais la possibilité de nous réapproprier notre vie. Il faut donc maintenant la défendre, mais aussi utiliser ce que nous avons appris de cette expérience malheureuse, en initiant une nouvelle façon de travailler. Chaque entreprise a un rôle social, sociétal et économique. Il est donc important que chacun joue ce rôle. Chez Gefco, cela se matérialise au travers de notre slogan Partners, Unlimited. Il symbolise notre volonté de collaboration durable, avec nos clients, nos fournisseurs, nos équipes dans l'estime et le respect. Plus nous serons capables d’utiliser un moyen de transport et de le partager entre différentes activités, plus nous participerons à la durabilité de nos activités. La transversalité des différentes industries avec lesquelles nous travaillons va nous aider à jouer ce rôle

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