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Chargeurs

À Erbrée, le Groupement Les Mousquetaires s’appuie sur une base logistique automatisée XXL

10.03.2022 • 14h20
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par Emilien VILLEROY
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Le stockage grande hauteur des palettes
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Les robots de palettisation pour le sec
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La zone mécanisée des produits frais
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Les convoyeurs des produits frais
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La zone de picking fruits et légumes
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Début mars 2022, le Groupement Les Mousquetaires ouvrait les portes de sa base logistique d’Erbrée (35). Située entre Rennes et Laval, cet entrepôt de 70 000 m² livre quotidiennement 200 points de ventes, s’appuyant sur une automatisation complète du sec ainsi qu’une mécanisation pour les produits frais.

Il y a dix ans, le Groupement Les Mousquetaires entamait des réflexions autour d’une réorganisation complète de son organisation logistique en France au sein de sa branche ITM LAI (responsable de la logistique alimentaire). S’appuyant à l’époque sur un parc d’entrepôts vieillissants développés entre 1969 et 1985, qui séparaient généralement les flux logistiques frais et secs sur plusieurs sites, le distributeur devait répondre au développement de ses gammes et à la nécessaire modernisation de son réseau. Face à ces défis, le Groupement décide alors de lancer un grand plan d’investissement de 1,7 milliard d’euros pour créer sa «l ogistique de demain », basée sur la création d’un réseau de bases logistiques mixtes, accueillant toutes les gammes de produits (sec, frais, surgelés) et permettant souvent de réunir les activités de plusieurs sites régionaux en un seul. « Nous avons lancé les premiers chantiers dès 2015, afin d’atteindre 1 million de m² de bases mixtes en France d’ici à 2025. À cette date, nous en aurons alors quinze. Dix ont déjà pu voir le jour et trois d’entre elles sont automatisées. À terme, nous en automatiserons cinq », explique Antoine Fabry-Grandin, directeur des opérations d'ITM LAI.

 

70 millions de colis expédiés en 2022

Et en attendant que l’automatisation finisse sa montée en charge à Vert-Saint-Denis (77) et à Donzère (26), celle-ci est déjà en action quotidiennement à Saint-Quentin-Fallavier (38), à Avion (62), ainsi qu’à Erbrée (35) entre Rennes et Laval. C'est justement ce site que le Groupement ouvrait à la presse au début du mois de mars 2022. Dans ce bâtiment de 70 000 m² situé sur un terrain de 25 hectares, la distribution de 200 points de vente Intermarché et Netto est assurée chaque jour avec l’expédition de 235 000 colis. « Nous avons envoyé 67 millions de colis en 2021 et nous pensons atteindre 70 millions en 2022 », indique Etienne Dodane, directeur de la base logistique d'Erbrée. Fonctionnant 6 jours sur 7 et 24h/24, le site accueille 450 salariés et 23 000 références. Mixte par nature, le site gère la préparation et la distribution de produits secs, frais (dont fruits et légumes) et surgelés, avec 40 % de flux tendus et 60 % de flux stockés. « Le site a été ouvert en juin 2018, uniquement sur l’activité frais. Puis nous avons commencé à charger l’installation automatisée en août 2019. Nous sommes totalement opérationnels depuis février 2020 », raconte Etienne Dodane. L'investissement s'élève à 150 millions d’euros tout compris pour le Groupement, dans ce hub qui réunit les activités de trois précédentes plateformes situées dans la région.

 

Un système Witron pour les produits secs

Sur ce site, le taux d’automatisation et de mécanisation est de 85 %. Un pourcentage élevé qui se traduit en grande partie par la logistique des produits secs, assurée sur le site par un grand système automatisé de Witron sur une surface de 26 000 m². Celle-ci s’appuie principalement sur le système OPM (order picking machinery) de l’automaticien allemand qui lui permet d’accueillir 7 700 références pour les magasins Intermarché et 1 600 pour les magasins Netto. Une logistique industrialisée qui aura demandé un investissement de 55 millions d’euros a elle seule. En pratique, 3 000 palettes sont récupérées et vérifiées chaque jour dans la zone de réception avec 12 quais, afin de confirmer que les palettes et leur chargement peuvent bien être intégrés dans le système automatisé. Une conformité permise grâce au travail d’une personne spécialisée en master data, en lien avec les fournisseurs, et de quatre agents de paramétrages qui travaillent à l’entrée des données de poids et de volumes de chaque produit, et qui corrigent les anomalies rencontrées. « Ce sont d’anciens collaborateurs que nous avons fait évoluer pour qu’ils occupent des postes qui n’existaient pas avant », indique Etienne Dodane. Les palettes complètes conformes sont ensuite envoyées via un système d’ascenseur et de convoyage jusqu’à une zone de stockage grande hauteur de 35 000 emplacements.

 

7 000 colis préparés par heure

Pour répondre aux besoins des magasins, elles sont ensuite soumises à une étape de dépalettisation : elles sont défilmées, contrôlée à nouveau par deux salariés, puis un prélèvement des colis de la palette par couche est effectué par aspiration grâce à six robots dépalettiseurs. Les colis sont ensuite éclatés individuellement et déposés sur des tablettes en plastique avant d’atteindre une zone de stockage de 220 000 emplacements. Dès lors qu'une commande doit être réalisée, le système vient prélever les produits nécessaires dans ce stock colis pour les emmener vers 14 robots palettiseurs automatiques, à un rythme de 7 000 colis préparés par heure. Filmées et étiquetées, les palettes hétérogènes sont enfin stockées dans des racks tampons dans la zone d'expédition avant de rejoindre les magasins. De quoi traiter 90 % des volumes du sec, le reste (produits réputés dangereux, huiles ou produits hors gabarit) faisant l’objet d’un traitement différent dans une cellule annexe avec trois allées équipées de transstockeurs, pour 550 pickings par jour. « Une installation comme celle-là nous apporte de la souplesse. Récemment, nous avons dû prendre une partie des volumes d’un autre site qui avait des difficultés. Nous avons pu intégrer 35 000 colis à nos propres préparations en un claquement de doigt. Sur une base normale, cela aurait été impossible. Il ne s’agit donc pas d’un investissement de productivité qui viendrait réduire nos équipes. Nous avons embauché 60 personnes l’année dernière et nous pensons être sur le même nombre l’année prochaine. Et là où nous avions des préparateurs, nous avons maintenant des équipes de maintenance préventive et curative, avec 38 personnes à plein temps faisant partie de la division maintenance de Witron », détaille Etienne Dodane.

 

Le frais, mécanisé par Beumer

Autre grande activité du site d’Erbrée, les produits frais, qui recouvrent 12 000 références. Ici, c’est un système de mécanisation et de convoyage mis en place par le constructeur allemand Beumer qui a été déployé, ayant été capable de traiter 27 millions de colis l’an passé. Un système pensé pour le flux tendu de par la nature des produits : une fois arrivés sur le site (avec des plages de livraison selon les catégories de produit), les produits sont dépalettisés sur des postes d’injection, puis convoyés et dispatchés automatiquement selon les besoins de chaque magasin. Récupérés par des opérateurs, les produits sont alors palettisés. « Nous avons deux équipes pour cette activité : une équipe de nuit et une seconde qui débute le travail à 9 heures. Pourquoi avoir une équipe en horaires de journée ? Dans notre bassin d’emploi, le taux de chômage est de 4 % seulement, et il nous fallait absolument pouvoir accueillir d’autres profils. Dans cette activité frais, nous avons près de 70 % de femmes. Pour certaines, ces horaires de journée leur permettent de jongler entre vie professionnelle et personnelle si celles-ci ont des enfants », souligne Etienne Dodane. Un travail d’attractivité qui est aussi passé par des efforts au niveau de la pénibilité, avec des postes de travail optimisés au niveau de l’injection, avec des mouvements de déplacement des produits à hauteur des salariés. Enfin, deux autres flux plus classiques trouvent leur place sur le hub d’Erbrée : tout d’abord une activité surgelés, avec 1 300 références, dans des cellules à température dirigée, et une activité fruit et légumes, de 350 références, toutes les deux réalisées en manutention traditionnelle avec l’aide de la préparation vocale. « Pour l’activité fruits et légumes, nous réfléchissons à des solutions de mécanisation pour traiter une partie de ces produits qui ne sont pas sales et qui pourraient être intégrés aux flux des produits frais », anticipe Etienne Dodane.

 

Des perspectives robotiques

S’appuyant sur 11 000 salariés sur l’ensemble de ses bases logistiques et dans l’organisation de son transport (30 % des tournées sont faites par des chauffeurs en propre, soit 800 personnes), l’activité d’ITM LAI poursuit sa mue au rythme des évolutions de son activité. Une évolution lente, puisqu’il faut de quatre à cinq ans pour qu’une base sorte de terre. À terme, tous les sites du Groupement ne bénéficieront pas d’une automatisation de leurs flux semblable à celle d'Erbrée, la décision découlant de la densité des magasins dans la région, et nécessitant forcément des volumes conséquents. Cependant, des réflexions sont lancées pour déployer de la robotique sur plusieurs d’entre eux, principalement pour les activités de manutention pour les boissons non alcoolisées, avec des robots installés par Fives sur plusieurs sites, dont un à Toulouse prévu pour la fin du mois de mars et un autre à Angoulême. « Ces entrepôts proposeront des bras articulés qui iront chercher les colis pour former des palettes pour les magasins », indique Etienne Dodane.

La base logistique d’Erbrée en chiffres :

■ 70 000 m² de surface
■ 85 % d'automatisation et de mécanisation
■ 23 000 références sur le site
■ 450 salariés
■ 235 000 colis traités par jour
■ 150 millions d'euros d'investissement

Base logistique d'Intermarché ITM LAI
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