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Chez Oscaro, une logistique mécanisée pour plus de productivité

09.09.2020 • 16h11
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par Emilien VILLEROY
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Voxlog | La zone d'alvéoles du site d'Oscaro à Cergy

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Laurence Corchia (directrice supply chain), Cécilia Bommet (responsable du site), Jan Löning (DG d'Oscaro)
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Les zones de pré-tri
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Le convoyage en zone de préparation
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L'espace de stockage
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Le système mécanisé
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Sur son site de Cergy Saint-Christophe (95) ouvert en 2016, l’e-commerçant spécialisé dans la pièce automobile neuve Oscaro expédie en moyenne 10 000 colis par jour. Une logistique de réactivité, principalement basée sur le cross-docking et des installations mécanisées.

« La supply chain est la colonne vertébrale d’Oscaro ». Ces mots de Jan Löning, directeur général de l’e-commerçant spécialisé dans les pièces automobiles, résument bien l’importance accordée par l’acteur de la vente en ligne à ses installations logistiques. Historiquement internalisée, cette activité se répartit sur deux sites franciliens : le premier est situé à Cergy Saint-Christophe (95) et a été lancé en 2016, tandis que le second, basé lui à Argenteuil (95), a remplacé un précédent entrepôt du groupe sur le port de Gennevilliers en 2017. Chacun d’eux accueille en moyenne 150 collaborateurs, un nombre pouvant varier selon les saisonnalités avec le recours à l’intérim. De ces deux entrepôts, c’est celui de Cergy qui faisait, le 8 septembre 2020, l’objet d’une visite inédite, organisée par Oscaro pour présenter de l’intérieur son organisation.

 

Un entrepôt pour trois activités

L’activité sur l’entrepôt de Cergy se divise en trois grands pôles. Tout d’abord, la préparation des commandes clients. Sur son site internet, Oscaro propose près d’un million de références. Un large choix qui nécessite beaucoup de réactivité de la part des équipes supply chain. C’est pour cette raison que trois quarts des flux sur le site sont traités en cross-docking : les clients commandent en ligne et Oscaro transmet ce besoin de pièces à l’un de ses fournisseurs qui envoie alors des palettes réunissant plusieurs commandes. « Nous rassemblons tous les articles qui arrivent depuis nos fournisseurs, puis nous nous chargeons de la préparation du colis et de l’expédition », explique Jan Löning. Au total, ce sont environ 10 000 colis par jour qui sont envoyés. Un chiffre un peu plus bas que pour le site d’Argenteuil, qui affiche lui une moyenne à 20 000 colis quotidiens, mais qui se justifie par la typologie des envois : « Argenteuil traite prioritairement les articles mono-produits, ce qui explique son volume de colis plus important. Cependant, nous traitons également de telles commandes quand nous disposons déjà de ces pièces en stock », explique Cécilia Bommet, responsable du site de Cergy. Autre particularité : Argenteuil traite l’ensemble des envois internationaux, pour la Belgique ou l’Espagne, ce qui représente 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.

 

À Cergy, sur une surface totale de 22 000 m², Oscaro dispose d’une zone de stockage de 6 000 m², où l’entreprise stocke en permanence quelques 2 000 références. Des pièces à forte rotation représentant à elles seules 25 % du chiffre d’affaires, et qu’il était donc avantageux de conserver directement sur place. « Nous stockons directement à la palette et avons à peu près 200 000 pièces, soit un mois de stock. D’une certaine manière, pour ces références, nous sommes notre propre fournisseur : nous pickons les produits commandés par lots que nous envoyons ensuite en préparation cross-dock », précise Cécilia Bommet. L’entrepôt de Cergy est également le seul d'Oscaro bénéficiant d’une zone de traitement des retours. Si le taux de ce flux est relativement faible (un peu moins de 5 % des commandes font l’objet d’un renvoi), l’e-commerçant dispose d’une équipe dédiée dont le rôle consiste à évaluer la qualité de toutes les pièces reçues. Selon leurs observations, les pièces peuvent tantôt rester en stockage dans l’entrepôt pour une prochaine commande (si elles sont intactes), soit repartir directement chez les fournisseurs : « Nous nous engageons à traiter les retours en 48 h et recevons entre 2 000 et 3 000 pièces par jour », poursuit Cécilia Bommet.

 

Une relation cruciale avec les fournisseurs

Entité de PHE (Parts Holding Europe) depuis 2018, Oscaro voit un tiers de ses flux fournisseurs venir de sociétés sœurs au sein du groupe (comme par exemple ACR), un deuxième tiers portant sur des fournisseurs ayant signé des accords groupe avec PHE, tandis qu'un dernier tiers concerne des fournisseurs spécifiques, « avec lesquels le groupe ne travaille pas mais qui sont importants pour Orscaro afin de pouvoir proposer un large choix à nos clients », précise Jan Löning. « 7 000 références de notre gamme représentent à elles seules 50 % de notre chiffre d'affaires (dont les 2 000 références que nous avons en stock). L’autre moitié de notre chiffre d’affaires comprend donc 993 000 références ». Toutes les deux heures, Oscaro envoie des vagues de commandes à ses fournisseurs (une centaine d’entités, principalement des distributeurs mais aussi des équipementiers), avec les références et quantités demandées par les clients. « La plupart du temps, les délais d’approvisionnement se chiffrent en heures pour les acteurs qui sont proches de nous, comme ACR qui est situé à Gennevilliers et nous livre en trois à six heures. Mais, à l’autre bout du spectre, nous avons aussi des acteurs comme Automax à Marseille, où il faut plutôt compter une trentaine d’heures », explique Laurence Corchia, directrice supply chain d’Oscaro.

 

Du côté des livraisons, la fréquence a été adaptée selon les volumes, avec en moyenne une livraison quotidienne pour l’ensemble des fournisseurs. Les distributeurs du groupe PHE s’arrangent d’ailleurs pour massifier les envois avec des tournées de ramasse. Une organisation que Oscaro souhaiterait optimiser dans les années à venir avec des systèmes informatiques permettant une meilleure prévision. « Nous travaillons afin de mieux anticiper les volumes du week-end. Comme les fournisseurs et nous-mêmes sommes fermés en fin de semaine, nous avons des pics importants qui arrivent en début de semaine. Nous réfléchissons donc à améliorer nos prévisions dans ce sens pour le cross-docking », souligne Laurence Corchia. Et ces réflexions pourraient s’étendre au stockage, pour augmenter le nombre de références conservées dans l’entrepôt. Autre axe de réflexion : l’augmentation du nombre de livraisons en drop-shipping. Aujourd’hui réservé aux pneus (qui représentent 1 % des ventes) et certains attelages, la livraison depuis les fournisseurs pourrait être développée dans les années à venir.

 

Une préparation mécanisée

Quand les palettes des fournisseurs arrivent dans l’entrepôt, des opérateurs.trices les traitent directement, pièce par pièce. Depuis une palette, ils identifient le fournisseur et le système affecte chaque élément à une commande client, en éditant une étiquette unique. Seules les pièces lourdes (disques et embrayages) vont être séparées de la réception standard, afin de bénéficier d'un traitement dédié, intégralement convoyé pour simplifier le travail des opérateurs dans une zone nécessitant moins de manutention. Les produits aux formats plus standards sont eux pré-triés puis convoyés vers deux zones de préparation où ils vont alors être placés manuellement, sous le pilotage du WMS LMxt de Savoye, dans un grand réseau d’« alvéoles » (emplacements au sein d’étagères à quatre niveaux, au nombre total de 16 000 dans l’entrepôt) où les commandes clients vont être consolidées au fur et à mesure. Dès qu’une commande est complète, un autre opérateur va récupérer les pièces et les coliser manuellement. « Nous priorisons la préparation, le colisage et la consolidation des commandes selon le délai de livraison choisi par le client », explique Cécilia Bommet. Sur son site, Oscaro propose en effet deux délais : une durée standard de 4 à 5 jours, ou express avec un transport en 24h qui amène la durée totale à 3 et 4 jours. En moyenne chez Oscaro, une commande comporte trois pièces et est expédiée en 1 à 1,5 colis, avec un panier moyen de 60 à 80 euros. Un travail de réduction du nombre de colis envoyés a été effectué ces dernières années, avec des colis renforcés à l’intérieur pour pouvoir y accueillir pièces lourdes et légères dans un même carton, sans risque de casse.

 

Une fois les colis prêts, ils sont convoyés jusqu’à la zone d’expédition où des machines les ferment, les étiquettent puis les dispatchent selon les transporteurs partenaires d’Oscaro, au nombre de sept. Tout au long de sa préparation, l’e-commerçant s’appuie ainsi sur près de deux kilomètres de systèmes transitiques installés par Boa Concept, et qui ont pu évoluer depuis le lancement de l’entrepôt selon les besoins. « Pendant la crise sanitaire, avec la fermeture des points relais, nous avons pu réadapter l’expédition et rediriger notre système pour servir les transporteurs qui étaient, eux, toujours actifs. L’avantage de cette mécanisation, c’est cette souplesse, qui nous permet de réagir très rapidement », raconte Cécilia Bommet. De quoi répondre à des flux variables, avec des pics réguliers en début de semaine et de mois.

 

 

L'installation d'Oscaro en images :

Le site d’Oscaro à Cergy en chiffres

■ 22 000 m² de surface et 38 quais ;
■ Jusqu’à 10 000 colis envoyés par jour ;
■ 2 000 références en stock (représentant 25 % du chiffre d'affaires) sur le million de références proposées en ligne ;
■ 2 km de convoyeurs ;
■ 150 collaborateurs en moyenne.

Entrepôt Oscaro
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