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ba&sh à Louvres : quand la mode rencontre la logistique

27.09.2021 • 16h00
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par Charlotte COUSIN
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© Matthieu Massuard

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Sharon Krief, Barbara Boccara, Pierre-Arnaud Grenade et Loïc Caspar
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À Louvres (95), la fameuse griffe parisienne ba&sh a inauguré le 23 septembre 2021 son nouvel entrepôt HQE développé par Barjane. Conçu sur une organisation en mezzanines, le nouvel espace de 15 700 m² se dédie à un traitement omnicanal des commandes.

Elle tire son nom de ses deux fondatrices Barbara Bocarra et Sharon Krief. La marque parisienne ba&sh, inaugurait en leur compagnie le 23 septembre 2021 son nouvel entrepôt à Louvres dans le Val-d'Oise. Une entreprise qui a su faire évoluer sa logistique depuis sa création en 2003, quand ses fondatrices s’occupaient elles-mêmes de préparer les colis. Une installation sur un premier dépôt de 1 000 m² seulement, puis des déménagements sur des surfaces de plus en plus grandes, 2 500 m² puis 5 000 m² à Aulnay-sous-Bois (93) jusqu'à occuper aujourd’hui 15 700 m² d’espace de stockage sur cette plateforme logistique édifiée par le développeur Barjane, qui en compte 37 500 m² avec leur colocataire, le prestataire, SeD. « Nous avons multiplié par six les ventes depuis 2015, et souhaitions un outil qui nous accompagne dans cette croissance. Nous pensons de nouveau doubler nos ventes d’ici deux à trois ans et il nous fallait donc un outil adaptable », explique Pierre-Arnaud Grenade, PDG de ba&sh.

 

De forts enjeux environnementaux

Les enjeux de développement durable du site sont en conformité avec l’aspiration d’une mode plus éthique, « d’où l’importance que l’entrepôt réponde à des exigences environnementales, avec un bâtiment HQE et 96 % des déchets de son chantier valorisés », stipule Pierre-Arnaud Grenade. Des efforts qui se traduisent notamment par des cuves de récupération des eaux fluviales, l’arrivée prochaine d’une centrale de panneaux photovoltaïques et l’utilisation de plastiques recyclés et recyclables « dès 2022 ». Barjane, propriétaire du site, a conçu, développé et gère cette plateforme pour ba&sh et SeD. Un bâtiment HQE, avec une philosophie environnementale forte - éclairage Led, bandeaux filants, bornes de recharge pour les véhicules électriques, emplacement vélos, voire prochainement des ruches sur les toits -, à l’instar de l’ensemble du patrimoine du développeur, dont « tous les bâtiments bénéficient d’une certification », indique Julie Barlatier-Prieuret, co-fondatrice et directrice générale de Barjane.

 

Des partenariats sur l'automatisation

Les équipes ba&sh œuvrent sur le déménagement à Louvres depuis octobre 2019. Le choix de la commune était une « évidence autant stratégique que symbolique », indique Pierre-Arnaud Grenade, convaincu par les atouts du territoire, proche de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle et disposant d’une position stratégique en termes de nœud routier. Alors qu’elles étaient 30 à l’ouverture fin juin 2021, 90 personnes travaillent aujourd’hui dans ce nouvel entrepôt moderne qui bénéficie de 1 500 emplacements de stockage de palettes ainsi que d’un nouveau système automatique de tri et de rangement, signé par le spécialiste des solutions intralogistiques connectées Transitic. L’éditeur Kbrw a lui fourni une solution permettant à ba&sh d’optimiser et d’automatiser des chaînes d’ordonnancement pour la préparation des commandes de tout type : « Notre solution, développée et déployée en seulement trois mois, a su s'intégrer en harmonie avec l'environnement opérationnel de l'entrepôt automatisé et assumer son rôle de pilotage des opérations », explique Philippe Romano, CEO et fondateur de Kbrw.

 

Une logistique internalisée

En plus d'optimiser le traitement des envois et des réceptions, ce nouvel entrepôt vient également accompagner le développement web et l'expansion internationale de la marque. Un entrepôt partiellement automatisé pour « s’affranchir de nombreux déplacements », de ports de charges lourdes, et bénéficier  de « gains de temps pour se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée », poursuit Pierre-Arnaud  Grenade. La spécificité de cet espace logistique, mode oblige, est que la quasi-totalité des produits (mises à part les chaussures dans des pochettes) y sont suspendus sur cintres sur deux mezzanines dans un bâtiment qui s’élève à 12,20 m. Une troisième mezzanine a par ailleurs été construite mais n’est pas encore exploitable car ne possède pas de plancher.  « Par semaine, nous pouvons réceptionner environ 100 000 pièces et en expédier autant. Nous stockons aujourd'hui environ 450 000 pièces et pourrions aller jusqu’à 700 000, 750 000 », stipule Loïc Caspar, directeur supply chain de ba&sh.  Avec l’idée de voir ce dépôt « les accompagner jusqu’en 2025 » au moins, ba&sh a décidé d’en rester aux commandes : pas de prestataire pour gérer sa logistique, mais une équipe internalisée. « Cela nous donne de la flexibilité. Nous avons un business-model unique donc nous savions que peu de prestataire étaient capables de le faire. Et cela nous ressemble : préparer les vêtements, les emballer, cela fait partie du métier d’une marque », juge Pierre-Arnaud Grenade. 


Un réseau de convoyeurs aérien et à plat

Quelle organisation au cœur de l'entrepôt de 15 700 m² ? « On rentre d’un côté et on sort de l’autre », résume Loïc Caspar. « Nous venons réceptionner nos marchandises en suspendu car nous avons une mécanisation qui fonctionne sur cintre. L’ensemble des produits sont ouverts et contrôlés avant d’être emmenés en stock ». Toutes les saisons sont ici mélangées mais les chemins de picking sont optimisés dans le prélèvement, les collections anciennes reculant au fur et à mesure dans les allées, de telle sorte que les opérateurs se rendent le moins souvent possible dans le fond où la rotation est moins importante. Si toutes les pièces sont rangées et prélevées de leur emplacement de stockage manuellement, la mécanisation entre en jeu avant et après cette étape de manipulation. « L’opérateur vient ranger les produits, muni d’un terminal RFID ou Zebra selon ce qu’on reçoit : sur le cintre est indiqué code-barre, lot, secteur, allée... Étant donné que nous fonctionnons en suspendu, nous avons la chance de pouvoir bouger les emplacements et les ajuster à la taille du stock restant ». La solution de la société Transitic participe de son côté à l’automatisation de l’entrepôt, niveau stockage et préparation de commandes grâce à un réseau de convoyage. « En collaboration avec les responsables logistiques de ba&sh, nos équipes ont imaginé un système automatisé parfaitement adapté aux besoins multicanaux tout en assurant une cadence de traitement soutenue », commente Frédéric Weber, managing partner chez Transitic. D’un côté, les convoyeurs à bandes et à rouleaux gèrent le transport de cartons vers la zone d’expédition où ces derniers sont fermés et cerclés automatiquement avant d’être acheminés sur un peigne de tri paramétrable pour ensuite être expédiés. De l’autre, sur les convoyeurs aériens, dédiés au textile suspendu, les vêtements sont présentés, séparés par des cliquets permettant leur traitement individualisé. Ils sont d’autre part équipés d’un code-barre pour une traçabilité totale. Un système supervisé par le logiciel Open WCS, compatible avec n'importe quel WMS, et qui vient agir en complément de Kbrw.

 

« Le système mécanisé vient prélever l’ensemble des commandes d’une journée - web et magasin », poursuit Loïc Caspar. Toute la machinerie va ensuite reconstruire les commandes : « Lorsqu'il y a peu de pièces, elles vont arriver aux postes directement construites tandis que les grandes commandes (jusqu'à plus de 1 000 articles) vont atterrir sur 300 emplacements où les opérateurs vont ventiler les pièces pour remplir les colis », décrit le directeur supply chain. Outre ces 300 postes pour les grandes commandes, 19 postes sont dédiés aux commandes web et cinq autres aux commandes de moins de 10 pièces. La plateforme est ainsi en mesure de traiter 20 000 pièces par jour en expédition et en réception, tandis qu’entre 2 500 et 3 000 sont gérées au niveau des retours. Sur cette dernière zone, « nous vérifions qu’ils sont propres, puis nous les remettons en sac avant réinjection dans la mécanisation qui va automatiquement les renvoyer dans la bonne allée », explique Loïc Caspar.


Un business model omnicanal

La nouvelle plateforme logistique aura permis de doubler la capacité d’envoi de ba&sh : « Nous allons également doubler la capacité de réception et de traitement de nos produits, poursuit Loïc Caspar. Nous allons d’autre part répondre à une demande exponentielle, due à notre développement international et surtout notre actvité web ». Si les livraisons e-commerce représentent aujourd’hui un tiers du chiffre d’affaires de ba&sh après les retours, le process du bâtiment a été pensé de manière globale pour répondre aux enjeux omnicanaux, avec des livraisons dans une vingtaine de pays. « Nous avons beaucoup travaillé avec Transitic pour mutualiser l’ensemble des pickings, avant que la machine se charge de venir dispatcher ensuite les commandes web, retail ou en gros… », détaille Loïc Caspar. « Nous pensons que le business model gagnant est totalement omnicanal. Cela présente une certaine complexité pour l’entrepôt car cela implique de multiples types de livraisons », explique le CEO de ba&sh.

 

Des innovations technologiques

Avec 209 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, ba&sh en prévoit 250 millions en 2021. Les développements de la marque touchent maintenant des questions de traçabilité avec un projet Track and Trace, « une solution technologique conçue comme un réseau social » pour laquelle ba&sh s’est appuyée sur la start-up TrusTrace pour retracer la vie de ses pièces, de la production des textiles à la fabrication du produit fini, en se basant sur l’IA et la blockchain. Le tout pour aboutir à une solution générant un QR Code indiquant au consommateur le parcours de vie de son produit, sa composition, les étapes nécessaires à sa production, ainsi que les instructions d’entretien de ses pièces. 17 des modèles de la marque accéderont à cette traçabilité totale cet hiver, « une cinquantaine à la saison d’après et ensuite la totalité des produits au fur et à mesure », indique le CEO.

 

Autre projet dans les cartons, se doter d’un WMS performant afin de gagner en sécurité informatique et en qualité de service. Actuellement en appel d'offres, le lancement du projet est prévu pour le premier semestre 2022 avant une mise en place effective à la fin 2022. « Aujourd’hui, nous avons plusieurs outils : Kbrw sur l’ordonnancement, un ERP qui gère les stocks mais qui n’est plus très adapté aux volumes, une partie web, un logiciel pour la sortie marchandise, un sur les retours. Avec le WMS, demain, nous allons pouvoir regrouper l’ensemble de ces opérations pour favoriser les échanges ainsi que la sécurité informatique », détaille Loïc Caspar. Avec le nouvel outil, des évolutions devraient également suivre, comme celle de réaliser du cross-dock. Pour finir, la marque compte poursuivre son expansion avec l'ouverture de 60 à 80 boutiques jusqu'en 2025. « 56 % de notre business est fait en dehors de France : sur 300 boutiques aujourd'hui, 170 se trouvent à l’étranger. Notre objectif : qu'à échéance 2025, l’international soit significativement majoritaire dans nos ventes », conclut Pierre-Arnaud Grenade.

L'entrepôt ba&sh en chiffres

■ 15 700 m² ;

■ environ 450 000 pièces en stock ;

■ 20 000 pièces expédiées mélangées web et retail ;

■ Entre 2 000 et 3 000 retours traités chaque jour ;

■ 96 % des déchets valorisés.

 

ba&sh logistique
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