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Éditeurs

La data change la donne

12.06.2015 • 19h52
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par Pierre Maxime BRANCHE
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3. Big data... Et demain ?

Et si le consommateur devenait propriétaire de ses données personnelles pour en tirer un vrai business dans une sorte de relation donnant-donnant ? Là, n’est pas encore la question, quoique l’idée ait déjà fait son chemin, notamment aux États-Unis. Voici quelques orientations.

William Faivre (Catalina France) :

« On ne se rend pas encore compte des possibilités, notamment avec les données de déplacement. Ce qui est intéressant en big data, c'est que vous avez une information qui, à l'origine, vous délivre un message, ou une data qui vous donne une information sur quelque chose qui semble être son lieu d'émission. Finalement, cette data peut aussi être utilisée pour répondre à d'autres questions. La géolocalisation permet d'identifier quelle est la meilleure borne relais pour passer un coup de fil, mais demain elle pourrait permettre pourquoi pas de changer l'urbanisme commercial d'une ville. Elle est source d'amélioration, de développement ».

 

Lionel Albert (Oracle) :

« Certaines entreprises mettent en place des capteurs sur leurs produits pour pouvoir analyser en temps réel leur comportement en fonctionnement. Vous avez aussi les objets connectés qui vont apporter encore plus de données d'utilisation pour le consommateur mais aussi pour le fabricant, notamment en cas de panne. Nous n’en sommes qu'au début ».

 

Didier Santurette (Acsep) :

« On est en pleine évolution. Le consommateur doit être pour moi le point de départ de toutes les réflexions. J'observe que l'on voit de plus en plus de vendeurs dans les magasins avec des tablettes pour pouvoir le renseigner de la manière la plus précise sur les stocks ou les livraisons si un produit n'est pas disponible. Il faut la bonne information tout de suite pour le garder ».

 

Emmanuel Serrurier (Informatica) :

« On connaît tous le grand chantier en France des compteurs intelligents EDF avec le service à l'usager qui prendra en compte les amplitudes et la fréquence d'utilisation de l'énergie. Si le consommateur n'est pas là dans la journée, nul besoin de fournir autant d'énergie que s'il l'était. C'est l'inverse pour une personne qui travaille de nuit. C'est la logique B2C mais c'est également valable en B2B car les entreprises ont elles-aussi besoin de pics d'énergie à certains moments de la journée. On voit bien que ces compteurs intelligents vont remonter un énorme volume de données et ce ne sera pas surprenant de recevoir désormais des offres modulées, des services à valeur ajoutée de la part de votre opérateur énergétique, comme ce que l'on a pu observer dans le monde des télécommunications. Ce sera aussi sûrement le cas pour la santé, les assurances, où les offres et services personnalisés vont largement se développer ».

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« 99,9 % de prospectus individualisés »

Pour VoxLog, William Faivre, Pdg de Catalina France, spécialisée dans la connaissance client et la communication individualisée en caisse, détaille le processus big data et les résultats de l’un de leur travaux.

« Nous avons étudié les prospectus commerciaux d’une enseigne. Pour chaque consommateur, seuls 2 à 3 % des produits présentés sont achetés, donc 97 % environ de ce qu’il lit ne l’intéresse pas. En matière de rendement, c’est un résultat assez faible, avec le risque que les bonnes informations soient noyées parmi tant d’autres. En partant du prospectus de base, soit environ 200 produits, on est capable, pour chaque consommateur, de sélectionner les cinq produits en phase avec ses attentes. Un travail de prospectus personnalisé, où l’on extrait, les produits qui vous parlent. Après analyses, nous avons obtenu 99,9 % de prospectus personnalisés différents les uns des autres, c’est-à-dire qu’avec cinq produits à sélectionner parmi 200, vous avez un tel nombre de combinaisons possibles que personne ne dispose de la même combinaison. C’est dire à quel point les consommateurs sont différents. Chaque foyer a donc reçu son mini prospectus individualisé et les ventes ont directement été impactées. Les consommateurs identifient mieux les produits et, point non négligeable, ces nouveaux prospectus ont donné une meilleure image de l’enseigne puisque l’on s’aperçoit qu’elle fait l’effort de s’intéresser à son consommateur. »

BUZZ LOG
“Ce que demandent les logisticiens à la géolocalisation, c’est de pouvoir réaliser un audit éphémère de leurs flux stratégiques”
— Loïc de Kerhor, directeur général d’Arenzi
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