Innovation
Chariots, AGV et AMR : des innovations au service du zéro accident
3. Des appareils bardés de capteurs et de caméras
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ForxChariots AGV et AMR intègrent de plus en plus de capteurs (radar et lidar) et de caméras 3D, aptes à détecter des personnes et des obstacles, aussi bien au sol qu’en hauteur.
Six lidars, deux caméras 3D, deux capteurs de position de palette et un capteur de poids pour les charges transportées. C’est ce qu’intègrent nativement les gerbeurs autonomes développés par la société Forx. Fabriqués en Seine-et-Marne et disponibles à la location pure, ces appareils made in France ont déjà séduit d’importants industriels, à l’instar de l’avionneur et logisticien Daher. « Notre AMR s’appuie sur une combinaison de lidar pour la détection au sol et de caméras 3D pour les obstacles en hauteur », précise Yves Cazard, président de Forx. « Ajustant en temps réel sa vitesse et son comportement en fonction de ce qui se passe autour de lui, il peut ralentir, contourner ou s’arrêter selon la situation. Ces caractéristiques permettent une navigation beaucoup plus fluide et surtout adaptée aux réalités d’un entrepôt en activité. »
Flexibilité et économies infrastructurelles
Largement plébiscités par les concepteurs d’appareils de manutention autonomes, ces nombreux dispositifs embarqués ont l’avantage de ne pas nécessiter l’ajout d’infrastructures annexes, tel du filoguidage ou des étiquettes avec des QR codes collés au sol. À ces économies substantielles peuvent cependant subvenir d’autres coûts liés à certains équipements de pointe, tels ceux exploitant le lidar (pour laser imaging detection and ranging, ou « détection et estimation de la distance par la lumière » en français).
« Les AGV de type charge lourde s’orientent souvent, de nos jours, via des systèmes de navigation naturelle, c’est-à-dire via un lidar SLAM [terme général désignant la localisation et la cartographie simultanées, ndlr] qui scrute l’environnement en 3D afin de s’y repérer », entame Uwe Klärner, responsable de la stratégie et du développement du marché de l’intralogistique au sein d’Actemium, la marque de Vinci Energies dédiée à l’industrie. « Ils remplacent, ou pour le moins complètent, les systèmes de positionnement par triangulation via des cibles. Bien que ces derniers soient très fiables d’un point de vue précision, leur mise en oeuvre (placement des cibles) est coûteuse et la détection de potentielles zones d’ombre est complexe. S’ajoute la difficulté à circuler dans des zones de stockage sans rack, impliquant par exemple une superposition de palettes, de bobines... Ladite navigation naturelle combine donc l’avantage de la flexibilité à l’absence d’infrastructure, avec pour seul inconvénient les équipements laser 3D/lidar, qui ont un coût plus important. »
« Un niveau de sécurité parfait »
Capteurs, caméras et autres technologies de télédétection se retrouvent aussi dans nombre de catalogues de grands fabricants de chariots et de solutions intralogistiques au sens large. Ainsi, chez Jungheinrich, le nouveau robot mobile EAE 212a, dédié aux applications automatisées de manutention à faible hauteur dans les entrepôts existants, en embarque toute la panoplie. « Il comprend tout d’abord deux scanners au niveau du sol, permettant d’offrir un niveau de sécurité parfait », assure Pierre Anthoine, responsable robots mobiles France au sein du groupe allemand, siégeant à Hambourg. « Un scrutateur laser (lidar) est fixé en haut d’un support pour permettre à l’AMR de se repérer dans son environnement. S’ajoutent deux caméras 3D placées de part et d’autre, côté charge et côté roulage : lorsque l’une guide la machine vers le bon espace pour la prise de la palette, la seconde permet d’éviter les chocs avec des objets à mi-hauteur et ainsi de réduire la casse. Une fois la zone d’évolution définie, l’AMR équipé de l’ensemble de ses capteurs peut modifier ou adapter sa trajectoire. »
Bien que rodées, les différentes technologies de détection et de contournement d’obstacles ne sont pas infaillibles. Afin de parfaire leur fonctionnement dans des environnements éminemment complexes, les fabricants et leurs partenaires (intégrateurs, cabinets, bureaux d’études, éditeurs…) s’appuient sur des couches logicielles sophistiquées et sur les apports de l’intelligence artificielle [cf. page 5].