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Oliver Wyman analyse les conséquences économiques et environnementales du e-commerce

16.04.2021 • 12h46
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Oliver Wyman

La société de conseil Oliver Wyman a comparé le commerce électronique et le commerce physique dans huit pays européens, et a quantifié les impacts économiques et environnementaux. Sur le long terme, la différence entre les deux pourrait bien s'estomper.

L'entreprise américaine de conseil en stratégie Oliver Wyman et le Spin-off LAE de l'Université de Saint-Gall, dévoilent une étude sur le commerce électronique en Europe et ses conséquences économiques et environnementales. Le document porte sur huit pays européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne et Suède) et se base sur différentes sources : statistiques officielles d'Eurostat, Euromonitor et instituts nationaux de statistiques, enquêtes auprès de commerces indépendants et auprès de consommateurs, et élaboration d'un modèle d'évaluation de l'impact en matière de CO2e (équivalent CO2).

 

Les conséquences économiques

En parallèle de la croissance du e-commerce, le nombre de points de vente diminue (-0,9 % par an entre 2005 et 2019), mais leur taille moyenne augmente, avec pour conséquence une surface commerciale totale stable dans les huit pays européens étudiés (+0,3 % par an entre 2005 et 2019). Le secteur du commerce de détail évolue à des rythmes différents en Europe, à mesure que l'importance des chaînes de magasins progresse dans le commerce physique, que les achats en ligne se développent et qu'une partie des dépenses des ménages se redirige vers les services. La part des chaînes de magasins (ou enseignes) continue de croître dans le commerce physique même si ces dernières tirent de plus en plus leur croissance d'un modèle omnicanal.


Une enquête réalisée auprès de commerces indépendants montre que les magasins physiques vendant également sur Internet affichent en moyenne de meilleures performances. Le e-commerce, comme le commerce physique, crée des emplois, et ce de manière régulière sur les dix dernières années. Le secteur du commerce de détail, en ligne ou hors ligne, est créateur d'emplois nets ; ces deux canaux nécessitent une intensité de main-d'œuvre comparable.


Les conséquences environnementales

Le rapport d'Oliver Wyman indique qu'en Europe, le e-commerce non alimentaire (livres, électronique grand public et vêtements) a, en moyenne, un impact environnemental plus faible que celui du commerce physique. Dans le cas le plus courant, le déplacement en voiture vers un magasin physique génère entre 3 et 6 fois plus de CO2e que l'achat en ligne d'un produit non alimentaire. Dans le cas moyen, qui reflète la moyenne des différentes situations existant dans la réalité, les achats réalisés en magasin génèrent entre 1,5 et 2,9 fois plus de CO2e par produit vendu que les achats réalisés en ligne.
La France affiche les impacts en valeur absolue les plus faibles : 400 g de CO2e pour le e-commerce et 600 g de CO2e pour le commerce physique, soit 1,5 fois plus. L'Allemagne affiche les impacts les plus élevés : environ 1 000 g de CO2e pour le e-commerce et près de 3 000 g de CO2e pour le commerce physique, soit 2,9 fois plus. Les différences entre pays s'expliquent principalement par leur mix énergétique.


Côté artificialisation, la logistique occupe moins de 1,5 % du total des terrains artificialisés, et le e-commerce représente moins de 0,3 % de l'artificialisation des sols en Europe. L'utilisation globale de terrain est plus importante pour le commerce physique que pour le e-commerce quand on tient compte des surfaces utilisées pour la logistique, la vente et le stationnement. Le e-commerce représente 12 % de la superficie construite totale utilisée pour la logistique en France, 9 % en Allemagne et environ 20 % au Royaume-Uni, ce qui reflète les différents stades de pénétration du e-commerce dans ces pays.


Covid-19 et après ?

La crise sanitaire liée au Covid-19 qui a bouleversé toutes les prévisions, a accéléré l'adoption du commerce électronique dans les huit pays étudiés. Si les nouveaux comportements se maintiennent, dans dix ans, le commerce physique représentera encore au moins deux tiers des ventes, en faisant l'hypothèse d'un taux de croissance du e-commerce se maintenant entre 10 et 15 %. De plus, les distinctions actuelles entre commerce électronique et commerce physique, et entre biens et services, devraient s'estomper avec la multiplication des parcours consommateurs omnicanaux.

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