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Le fluvial : un secteur en mutation

18.02.2016 • 11h30
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Alors que le tourisme fluvial confirme, cette année encore, son potentiel de croissance (+4 %), celui du fret accuse un recul cumulé de 3,7 % du marché en tonnes- kilomètres (t-km). Ces chiffres, fournis pour VNF (Voies navigables de France), confirment les mutations structurelles profondes du secteur dans son ensemble.

Si le tourisme fluvial reste en progression et devient une source évidente de croissance pour les acteurs économiques et les territoires concernés, le secteur du fret, lui, plus complexe à appréhender, affiche de fortes disparités des trafics par filière, mais aussi par bassin de navigation.

 

La situation par filières...

Ainsi, sur l’année 2015, les trafics fluviaux enregistrent un recul en données cumulées de 3,7%, soit un peu moins de 7,5 milliards de t-km. Mais la situation est très différente selon les filières et les bassins. Avec 7% de croissance en un an, la filière agroalimentaire confirme son dynamisme et présente un trafic record de 2,52 milliards de t-km.

 

Le transport de conteneurs, lui, est en légère décroissance de 1,3 % à 550 000 EVP. On observe par ailleurs une hausse assez sensible de l’activité sur le Nord-Pas-de-Calais (+ 6,5 %) et le Rhône (+ 2,9 %). Á l’inverse, la situation du Rhin s’est très détériorée (- 10 %) du fait du phénomène de basses eaux particulièrement important en fin d’année. La situation de la Seine est intermédiaire (- 1,6 %).

 

Le recul de la filière des matériaux de construction (-10,3%) s’explique par la mauvaise santé globale du secteur du BTP depuis quelques années. Néanmoins, depuis l’automne 2015, un frémissement permet d’envisager, avec plus d’optimisme, l’année à venir.

 

Pour la filière énergétique, l’analyse doit être encore plus nuancée car, si elle présente un recul global de -7%, elle enregistre malgré tout des évolutions divergentes entre les produits pétroliers (+8,1% en t-km) et ceux issus du charbon (-28,6% en t-kms du fait de la fermeture de trois centrales thermiques en Ile-de-France et Lorraine, comme de la poursuite de la réduction de l’activité du secteur sidérurgique en Lorraine).

 

Même constat pour la filière chimique et engrais (-8,1% au global) qui pâtit de la fermeture de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (76), entrainant à la baisse l’activité globale des transports de produits chimiques (-13,4 %, et -1 % hors impact spécifique de la fermeture de la raffinerie) avec des résultats plus favorables pour les engrais (+0,3% en t-km).

 

... et par bassins de navigation 

Á ces disparités entre filières, on observe également de fortes différences entre les bassins de navigation. Ainsi, le réseau Nord enregistre un bilan satisfaisant avec une stabilité de trafic en t-km (-0,3%) et un volume d’activité exprimé en tonnes en progression de 3 %. Même conclusion pour le bassin Rhône-Saône relativement stable (-0,3%) qui enregistre des performances notables sur les filières énergétiques (+ 6,7 %) et matériaux de construction (+ 15 %). Le Bassin Seine-Oise enregistre quant à lui un recul de 4,3%. Fortement touché par la baisse du transport des matériaux de construction (-10%), il est soutenu par le dynamisme de filière agroalimentaire particulièrement important sur ce bassin (+12%). La Moselle, quant à elle, se révèle être en fort recul (-15,6%). En dehors des lignes conteneurisées et des oléagineux, toutes les filières y sont orientées à la baisse. Un bassin qui souffre en particulier de l’important recul des arrivages de charbon (-60% en t-km) et qui pèse sur l’ensemble du bassin. Dans une moindre mesure, l’activité y a également été affectée par les basses eaux du Rhin.

 

 

BUZZ LOG
“Nous appartenons à un secteur qui crée de l’emploi et qui a la capacité d’aider notre pays pour recréer une dynamique industrielle avec des relocalisations à la clé.”
— Eric Hémar, président d'Union TLF
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