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Supply chain textile : transparence et durabilité, le grand chantier

Publié le 17 septembre 2026

2. La transparence fournisseur, nouvel impératif opérationnel

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David Pereiras via stock.adobe.com

La réglementation textile contraint les marques à cartographier leur supply chain bien au-delà de leurs fournisseurs directs. Mais la donnée reste dispersée entre les métiers et peu d’acteurs ont structuré les outils pour y répondre.

Belharra/e-SCM Solutions incarne, depuis son intégration au groupe MyTower en avril 2026, un positionnement assumé dans le paysage de la traçabilité textile. Pour Pascal Saint-Pierre, manager business development d’e-SCM Solutions International, la traçabilité n’est pas un module RSE dédié mais la résultante naturelle du pilotage opérationnel des approvisionnements. « Tout ce qu’on réalise dans l’usage d’e-SCM vient nourrir les informations RSE des marques », explique-t-il. « Celles-ci ont d’abord répondu à la pression réglementaire avec des outils de traçabilité dédiés. Mais l’écho sur l’apport de la supply chain execution comme levier de traçabilité n’est pas encore généralisé. Cela va venir et la construction de MyTower s’inscrit entièrement dans cette logique. »

 

Le problème des silos

Le paradoxe du moment semble bien identifié. Le paquet Omnibus a allégé la CSDDD aux fournisseurs de rang 1 [cf. page 1 du dossier], mais l’outil d’évaluation environnementale Ecobalyse, conçu par l’Ademe, oblige indirectement les marques à cartographier les rangs 2 et 3 (filateurs, teinturiers, producteurs de fibres) sous peine de valeurs par défaut pénalisantes. Or la donnée n’appartient à personne dans les organisations, note Colombe Morisseau, general manager d’Offcarbon : le style a la composition, les achats ont le fournisseur, la DSI gère le PLM/ERP sans critères RSE. « Un même jumeau numérique de produit devrait alimenter à la fois Ecobalyse, le Scope 3 de la CSRD et le futur passeport numérique des produits. Rationaliser cette collecte unique évite l’épuisement des équipes », soutient-elle. C’est précisément l’ambition de MyTower : réconcilier ces silos dans un socle de données unique.

 

Face aux valeurs par défaut pénalisantes d’Ecobalyse, les comportements divergent. Les marques premium s’en saisissent comme d’un levier pour auditer leurs partenaires en profondeur. À l’inverse, certaines marques d’entrée de gamme « encaissent » le mauvais score par dépit, faute de pouvoir remonter jusqu’au rang 3. Promod illustre qu’une autre voie est possible : l’enseigne trace aujourd’hui 591 usines de rangs 2 et 3 et a sorti dès juin 2026 un affichage environnemental volontaire sans attendre la réglementation.

 

Belharra revendique par ailleurs une singularité sur le marché : être capable de calculer l’impact CO2 d’une commande au moment de la facturation, de la fibre au domicile du client. « Nous sommes les seuls sur le marché à proposer cela », affirme Pascal Saint-Pierre. Pour lui, le passeport numérique des produits (DPP) n’est plus un horizon théorique : « Le passeport n’est pas qu’un futur support d’information, c’est déjà un moteur de transformation des systèmes et des process ». Belharra en a d’ailleurs posé les bases dès 2023 avec l’école d’ingénieurs Estia et la Chaire Bali, dans une étude retenue par le Parlement européen.

 

Focus

Le passeport numérique des produits (DPP) dans le textile

Le règlement européen sur l’écoconception des produits durables prévoit le déploiement progressif du passeport numérique des produits dans plusieurs secteurs, dont le textile, sous la forme d’une fiche d’identité accessible via un QR code regroupant composition des matériaux, origine des composants, réparations effectuées et performances environnementales. La fiche Footbridge du boxer marine du Slip Français [cf page 5 du dossier] en est aujourd’hui l’une des rares illustrations concrètes disponibles sur le marché français.

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