Transversal
4. Du stock disponible en immobilier logistique
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Groupe Franc Architectures | Accompagné par EOL, Panattoni France a acquis un terrain à cheval entre Gaillon et Le Val d’Hazey (Eure) pour y développer une plateforme logistique de 37 000 m².Concentré en Seine-Maritime, en particulier autour des ports de Rouen et du Havre, le marché normand de l’immobilier logistique peut pâtir, comme ailleurs en France, d’un contexte macro-économique incertain et de la hausse des loyers. Très disparate selon les territoires, il témoigne cependant d’une notable résilience, avec de l’offre disponible.
Selon une analyse réalisée par EOL (et partagée en exclusivité à Voxlog dans le cadre de ce dossier), la Normandie enregistre une baisse de sa demande placée d’entrepôts par rapport aux deux années précédentes. Atteignant seulement 140 000 m² en 2025, contre 271 200 m² lors d’une année 2023 exceptionnelle, elle suit la dynamique du marché de l’immobilier logistique français. « Dans l’ensemble et comme au niveau national, ce marché normand connaît une légère accalmie, liée notamment au contexte économique général et aux augmentations de valeurs ces trois dernières années », expose ainsi Pierric Antoine, directeur d’EOL Normandie. Au quatrième trimestre 2025, les loyers moyens des entrepôts normands tournaient autour des 56 €/m², en accord avec les hausses enregistrées sur les autres marchés dits « secondaires » (hors dorsale).
« Un stock important, disponible tout de suite »
La société de conseil en immobilier logistique, industriel et commercial note également une concentration de nouveaux bâtiments dans la tranche située entre 10 000 et 20 000 m², avec une large majorité de projets clé en main, lorsque ceux lancés en blanc se font plus rares. En revanche, l’offre disponible à un an dans la région demeure conséquente, avec 272 400 m² libres au quatrième trimestre de 2025. Sans compter les 234 800 m² d’offres prévisionnelles (avec permis de construire obtenus) à cette même période. « La Normandie n’est pas intégrée à la fameuse dorsale française, partant des Hauts-de-France et descendant vers Marseille. Elle bénéficie cependant d’un stock important, disponible tout de suite, notamment sur le bassin du Havre », poursuit Pierric Antoine.
La Seine-Maritime, poumon logistico-économique
En épluchant les récentes transactions et constructions pour des entrepôts logistiques en Normandie, une importante centralisation des implantations se dessine en effet autour du Havre et de Rouen. Véritable poumon logistico-économique de la région, la Seine-Maritime demeure, avec ses installations portuaires névralgiques, le département normand le plus prisé pour le secteur. Sur le bassin rouennais, EOL a notamment accompagné, pendant plusieurs années, l’un des plus importants dossiers logistiques de la région : celui de VGP et Sénalia à Petit-Couronne. Le développeur immobilier belge, spécialisé dans les biens logistiques et industriels, a en effet inauguré en 2025 sa première plateforme logistique en France, pour le compte de l’exploitant de terminaux portuaires céréaliers et industriels. Avec cet outil flambant neuf, l’agrologisticien Sénalia dispose aujourd’hui de trois entrepôts localisés dans l’agglomération rouennaise (et à environ 80 km du Havre), pour 75 000 m² de surface et une capacité totale de stockage de 90 000 palettes.
Focus
Deux nouveaux entrepôts Ferrero près de Rouen
Concernant les futures implantations notables de chargeurs en Normandie, Ferrero France a initié à l’été 2025 le chantier d’un nouvel entrepôt de 34 000 m² à Cléon, en périphérie sud de Rouen. À travers un investissement de 33 millions d’euros, il permettra de stocker jusqu’à 50 000 palettes et devrait amener à la création d’une centaine d’emplois indirects. Il sera érigé à proximité de l’usine Ferrero de Villers-Écalles, la plus importante usine de production de Nutella au monde. À noter que ce futur bâtiment est propriété de la foncière française Argan, qui a aussi mis la main sur un second site logistique tricolore (20 000 m²) de l’industriel italien, en cours de construction non loin, à Barentin. Attendue pour le début de l’été 2026, la livraison des deux bâtiments « marquera le début d’un bail long terme de 10 années fermes pour chacun des deux sites », spécifie le loueur et développeur d’entrepôts.
Crédit photo encadré : © Matthew Perget