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La Smart Supply Chain au cœur du Hub Day

03.02.2020 • 10h00
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Voxlog | Fabien Esnoult, président de SprintProject

Le 30 janvier dernier avait lieu à Paris la cinquième édition du Hub Day Future of Retail & E-Commerce. Organisé par le Hub Institute, en partenariat avec Voxlog, il dédiait un parcours à la Smart Supply Chain, évoquant les ressorts pour la rendre agile et performante, ancrée dans des enjeux de logistique omnicanale et urbaine.

« C’est la première fois que le Hub Institute lance un parcours sur le sujet de la supply chain. Nous allons balayer sur la matinée l’ensemble de l’écosystème supply chain d’aujourd’hui et aborder la transition écologique qui nous attend », indiquait Fabien Esnoult président de SprintProject, pour introduire la matinée de discussions menées, lors de la cinquième édition du Hub Day Future of Retail & E-Commerce organisée le 30 janvier 2020 par le think tank Hub Institute. L'évènement organisé en partenariat avec Voxlog, voyait de nombreux intervenants venir émailler le parcours dédié à la « smart supply chain ». Un concept abordé en commençant par les innovations relevées sur le salon NRF Retail’s Big Show 2020 à New York par Fabien Esnoult. Au menu : des tendances ancrées autour de l’IA et sa fusion avec le « voice »,  l’évolution des modes de livraison autour desquelles « on attend de plus en plus de services », mais aussi la personnalisation et l’impact de l’impression 3D. Y étaient également évidemment abordée la robotique et ses applications en entrepôt, sur le picking : « Des choses qui n’étaient pas envisageables il y a cinq ans sont aujourd’hui matures ». Fabien Barrois, chief marketing officer de l’éditeur de solutions supply chain Vekia, en était l'illustration, venu aborder ce jour-là l’automatisation de la préparation de commandes permise par sa solution basée sur l'IA, grâce à la méthodologie PPDA (« People, Process, Data, Algorithm »). « IA, open data, on en parle beaucoup mais nous en sommes encore au tout début », indiquait de son côté François Deprey, CEO de GS1 France, jugeant la maturité des entreprises « encore relativement faible dans la maîtrise et le partage de leurs données » face à l’accumulation d’informations.

 

Des métiers en mutation au service du client

Représentant à la fois l’Aslog (en tant que président) et le groupe Rocher (dont il est Deputy CEO operations & IT), Yann de Feraudy était venu traiter des enjeux autour des métiers de la supply chain : « Le premier : la RSE. La loi Sapin 2 nous met devant nos responsabilités de manière extrêmement forte ». La deuxième, la sécurité, que ce soit sur la partie IT mais aussi au travail et au niveau des approvisionnements avec la question : « Est-ce que je suis capable de garantir la traçabilité de mes produits ? ». Et enfin, la formation : « La supply chain est complexe et étendue et nous avons besoin de gens très bien formés. A l’Aslog, nous réalisons un inventaire des formations. Cela ne se dispute pas aux portillons... ». Face à ce constat de manque de réputation et d’attractivité d'un secteur, faiblement représenté par les femmes, Yann de Feraudy s’interrogeait sur différentes options : changer les noms des fonctions, revaloriser ces métiers par du contenu ?  Evoquant son rêve d’une « supply chain rapide, flexible, fluide et hyperconnectée dans les villes avec toutes les parties prenantes », ce dernier détaillait sa nécessaire connexion à la nature, le groupe Rocher s’engageant, d’ici 2030, à atteindre une supply chain décarbonée et à faire de l'ensemble de ses sites des refuges pour les oiseaux. « Quoique l’on choisisse, ce qui va faire la différence, ce sont les femmes et les hommes qui exécutent et réalisent l’excellence opérationnelle », rappelait-il pour conclure.

D'humain, il était également question avec Stéphanie Rott, supply chain & manufacturing group director de LVMH et Julien Morel, supply chain director de Rimowa (spécialiste du bagage d’excellence, associé au groupe LVMH), venus échanger sur la « customer delivery experience » : « Il est clair qu’il y a tout un pan de l’expérience client qu’il faut inventer », juge celle-ci. Une expérience client que le groupe souhaite, dans toutes ses maisons, « en ligne avec celle vécue en boutique : autour de la précision, de la flexibilité, de l’humain et sur un modèle durable social, environnemental et économique ». Une stratégie partagée par Rimowa, conscient que « la transformation omnicanale est une clef d’accélération de business » et que « dans ce cadre, le customer delivery est un maillon faible qu'il faut adresser », selon Julien Morel. Pour y parvenir, l’humain reste au centre juge-il, évoquant « la symétrie des attentions : la qualité de l’expérience que le livreur va apporter à votre client est égal à la qualité que nous, donneur d’ordres lui apportons ».

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Voxlog I Yann de Feraudy (président de l'Aslog, Deputy CEO operations & IT du Groupe Rocher)

Une livraison performante au cœur de la logistique du dernier kilomètre

Un livreur que la société Geoconcept souhaite accompagner, en simplifiant son travail et en pilotant en temps réel son parcours, avec des outils digitaux de planification, exécution et prévision. Ce triptyque vers une logistique plus performante est au cœur de la solution proposée par la société et permet « 15 à 30 % de gain de productivité, une réduction de 20 à 30 % de coûts opérationnels ainsi qu'une satisfaction client et des conditions de travail améliorées », détaille Jérémy Mandon (directeur commercial de Geoconcept), ouvrant sur les potentialités ouvertes par la technologie dans ce domaine : demain, tous livreurs grâce à la Blockchain ? Un futur qu'Antoine Carteyron, directeur général France de la société de livraison Stuart, était également venu anticiper, prédisant la forme que prendrait la livraison du dernier kilomètre à l’horizon 2025 : « On peut mettre un modèle en place beaucoup plus vertueux car aujourd’hui on transporte massivement du vide », juge celui-ci. Un modèle passant notamment par le développement de flottes de véhicules éco-responsables, d’infrastructures de proximité, de traction de nuit en PL éco-responsables, la mise en place de stratégie de pooling pour mutualiser les livraisons et la généralisation des consignes multimarques, que Stuart est convaincu de pouvoir tester de façon massive en 2025.

 

Cette alliance entre performance et responsabilité environnementale de la logistique était également évoquée par James Rebours, directeur de l’innovation et de la performance chez Cdiscount qui rappelait les quatre grands champs d’innovation du e-commerçant : améliorer les conditions de travail (citant les robots d’Exotec), déployer une démarche éco-responsable (avec l’exemple Agrikolis), optimiser la performance, et proposer une expérience client enrichie. « Une démarche d’open innovation qui ne fonctionne que si on arrive à se mettre à l’échelle temporel des start up », indique James Rebours, évoquant The Warehouse, l’incubateur de jeunes pousses de Cdiscount.

 

Une supply chain agile dans un monde omnicanal

 Sébastien Liorzou, directeur supply chain groupe de Carrefour, venu discuter de la manière de « bâtir une supply chain agile », rappelait combien cette agilité repose, dans les modèles de drives, sur les équipes réalisant les préparations. « La plupart des supply chain ont leurs lots de complexité, spécificités, challenges, difficultés… le e-commerce alimentaire en cumule pas mal », confiait-il, listant les impératifs de rapidité (avec des créneaux de plus en plus courts), mais également la nature des commandes qui peuvent comporter plus de 40 produits ainsi que celle des produits (périssables, à forte rotation...). Face à ces contraintes, Carrefour propose des « réponses opérationnelles multiples en fonction des clients », avec des modèles de préparation adaptés à leur configuration et à la zone de chalandise : des entrepôts « industrialisés et mécanisés » pour celles à très forte densité, à l’inverse : de la préparation manuelle en surface de vente pour les zones de faible densité, et un « modèle hybride » sur les espaces intermédiaires en créant « un mini entrepôt dans le magasin avec les produits les plus sensibles ». L’automatisation des entrepôts fut également abordée ce jour-là par Yann Reguenes, directeur commercial de Dematic venu présenter les différentes formes de mécanisation à l'œuvre pour le secteur du retail « en pleine mutation » : le distribution center, le dark store et le micro-fulfillment.

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Voxlog I Stéphanie Rott, supply chain & manufacturing group director de LVMH et Julien Morel, supply chain director de Rimowa

Des témoignages d’e-commerçants

Divers acteurs de l’e-commerce, à l’image de Cdiscount, étaient venus témoigner durant cette journée. Sur l’automatisation des entrepôts et ses enjeux, Patrice Fitzner, directeur logistique de la Redoute, décrivait la refonte totale de l’organisation logistique de l’entreprise en 2014-2015 avec la mécanisation de sa supply chain amont. Une reprise complète de modèle ayant mené à « une division des surfaces par quatre, une multiplication du nombre de références par deux et une productivité multipliée presque par sept au niveau du picking ». Outre la transformation, c’est également le défi managérial que Patrice Fitzner mettait en avant, avec l’apparition de nouveaux métiers, le temps passé à former les collaborateurs (35 h à l’arrivée sur le site) et une évolution des compétences demandant des connaissances de gestion de données.

 

Chez ManoMano, Victor Schieber, head of fulfillment & delivery, abordait l’approche fulfillment mise en place par la société, spécialiste européen de la vente de bricolage en ligne, permettant à ses marchands de leur confier la gestion logistique de leur stock. Bénéfices observés : moins de remboursements demandés car moins d’erreurs de préparations. « Le fulfillment permet aussi de donner à nos marchands l'accès à l’ensemble de nos marchés crossboarder et à l’international », expliquait Victor Schieber. Edouard Morange, co-fondateur et CEO d’Epicery, site e-commerce de livraisons des commerçants et artisans de quartier (plus de 400 à Paris et à Lyon), détaillait pour finir le modèle ship-from-store adopté par l’entreprise et les défis auxquels elle doit répondre : livraison le jour même (la plupart du temps dans les deux heures), et mise en place de tournées de ramassage de produits optimisées. Une démarche que le vendeur en ligne va développer prochainement via une collaboration avec Monoprix pour une mutualisation des livraisons, et sur laquelle Edouard Morange interrogeait : « Le modèle peut-il être extensible à d’autres secteur : mode et beauté par exemple ?»

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