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À la SITL, Jean-Baptiste Djebbari parle décarbonation et reconquête ferroviaire

16.09.2021 • 09h30
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Voxlog | Jean-Baptiste Djebbari, ministre chargé des Transports

Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari était présent lors de la première journée de la SITL 2021. Il détaillait, lors de la conférence inaugurale, les deux grands axes de travail pour la filière, liés à la décarbonation et au développement du fret ferroviaire.

SITL oblige, le ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, venait clore la conférence inaugurale de la SITL en présentiel après plusieurs mois d’absence. Jean-Baptiste Djebbari insistait à cette occasion sur la vitalité du secteur qui aura su montrer de nouveau son caractère indispensable durant la crise sanitaire, s’exprimant « au nom du gouvernement et de la part du pays tout entier » : « Si les rayons de nos supermarchés n’ont pas été vides lors du premier confinement, c’est grâce à vous. Si les vaccins ont pu être acheminés partout, c’est grâce à vous. Si, même au plus fort de la crise, la vie ne s’est jamais totalement arrêtée, et si elle peut reprendre aujourd’hui, c’est grâce à vous ». Conscient des tâches et des enjeux à venir, et évoquant la campagne présidentielle qui ne manquera pas de voir ses candidats souhaiter « rééchanter la France », le ministre insistait sur l’importance à y accorder à la filière : « rare sont ceux qui évoqueront votre secteur (…) et pourtant on ne peut pas transformer la société sans s’appuyer sur la logistique ». Une filière qui doit faire face à deux grands défis : la décarbonation et la reconquête du secteur du fret ferroviaire.


Décarbonation : la priorité « absolue »

Le premier pilier, celui de la décarbonation du parc, en lien avec la transition énergétique s’avère « une priorité absolue pour le gouvernement » à travers trois mots d’ordres : accélérer, fédérer et innover. Se disant conscient des efforts conséquents déjà mis en place par la filière pour décarboner ses activités, le ministre appelait à « faire plus ». Une démarche qui doit s’appuyer sur une meilleure articulation des différents modes, en complémentarité – « Nous devons mobiliser davantage le fluvial et le ferroviaire » – tout en passant à la vitesse supérieure dans nos villes. À ce sujet, il rappelait la mission confiée par le gouvernement à Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, Anne-Marie Jean, présidente du Port autonome de Strasbourg et Jean-Jacques Bolzan, président de la fédération des marchés de gros de France, pour élaborer une stratégie nationale sur la logistique urbaine durable. Ces trois personnalités doivent rendre un rapport dans les prochains jours, à l’occasion du prochain Comité interministériel de la logistique : « Il y a beaucoup à faire sur le dernier kilomètre. Et nous pouvons agir dès maintenant. Sur certaines tournées, les véhicules utilitaires légers électriques sont déjà plus compétitifs que les modèles diesel. L’offre existe, il ne nous reste qu’à stimuler la demande. Une task force qui réunit les constructeurs et les transporteurs y travaille. De nouvelles aides devraient bientôt être annoncées. Dans les villes à très forte densité de trafic, pour les tournées composées de chargements de faible volume, nous devons aller vers plus de vélos cargos ».


Fédérer et innover

Deuxième maître mot : fédérer avec la nécessité de penser cette décarbonation au niveau européen, avec la série de propositions adoptée par la Commission européenne au début de l’été pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030, par rapport à 1990, « une étape majeure vers la neutralité carbone à horizon 2050 ». Pour décarboner, « il n’y a pas de recette miracle : il faut innover », poursuit le ministre. Il dit l’État au « rendez-vous » pour accompagner les innovateurs dans les entreprises, grands groupes, ETI, PME, start-ups… Raison pour laquelle a également été créée en avril 2021 l’Agence de l'Innovation pour les Transports (AIT), suivie fin août du programme d’accompagnement et d’accélération de l’innovation Propulse, dont les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 octobre. Celui-ci compte quatre appels à projet : Transports durables, Communautés de données, Intrapreneuriat et Aménagement des espaces pour un usage multiple.


Une stratégie et un pacte pour le ferroviaire

S’agissant du fret ferroviaire, « parent pauvre » de la filière, « toutes les belles intentions proférées à son égard n’ont presque jamais été suivies d’effet. À tel point qu’aujourd’hui, il ne capte que 9 % des marchandises, alors que chez certains de nos voisins, ce chiffre atteint 30 % ». Et cela malgré les atouts de ce mode de transport moins bruyant, moins accidentogène et moins polluant, observe le ministre. « Ce mode doit être repensé en relation avec les autres secteurs et non en opposition avec eux », stipule Jean-Baptiste Djebbari, appelant à une « complémentarité avec la route ». Avec en ligne de mire un objectif clair : le doublement de la part du fret ferroviaire d’ici à 2030 en passant à 18 %, ambition traduite dans la loi Lutte contre le dérèglement climatique. Celle-ci note que l’enveloppe de 170 millions d’euros d’aides pour le secteur sera renouvelé dans les trois prochaines années afin de soutenir les opérateurs :« Ce soutien est concret, immédiat : les baisses de péages pour l’année 2021 seront répercutées aux opérateurs dès la fin du mois ».

 

Pour parvenir à ses ambitions, le gouvernement se dote par ailleurs d’une Stratégie nationale pour le fret ferroviaire présenté ce 13 septembre sur la SITL. Assortie de 72 mesures portant à la fois sur les exploitations, les infrastructures, mais également à l’échelle européenne, elle était présentée en même temps qu’était signée par le ministre, SNCF Réseau, l’AUTF et l’Alliance 4F, le Pacte pour le développement du fret ferroviaire. « La reconquête du fret ferroviaire est un enjeu qui dépasse nos frontières. Je continuerai à le porter avec vigueur au niveau européen ». 16 états membres de l'UE ont d'ailleurs appelé à un soutien européen au secteur pour construire une véritable Europe du fret. « Si l’impulsion de l’État est nécessaire, elle ne suffit pas. La réussite de cette stratégie ne dépend pas seulement des milliards investis. Elle dépend tout autant de notre mobilisation collective, à tous, dans la durée », terminait Jean-Baptiste Djebbari avant d’entamer une tournée des différents acteurs sur le Salon.

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