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Digital SITL : quelles ressources humaines pendant et après la crise sanitaire ?

30.06.2020 • 09h01
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À l'occasion de l'édition digitale de la SITL, du 23 au 26 juin dernier, une conférence portait sur le management en logistique et supply chain dans le contexte de l’après covid-19. L'occasion de s'interroger sur la gestion RH durant la crise sanitaire tout en analysant les évolutions en cours et les futurs profils recherchés.

Au dernier jour des conférences de la Digital SITL, Thomas Desplanques, directeur de la division transport et logistique chez Reed Expositions France, indiquait être « ravi de terminer ce programme avec une conférence RH valorisant la valeur travail, car les femmes et les hommes sont au cœur de la résilience de cette filière ». De résilience, il était en effet question à l’occasion de cette édition particulière, et tout particulièrement pour ce rendez-vous virtuel autour de la question « Supply chain et logistique : quel management pour l’après covid-19 ? ». Le moment de réaliser un état de lieux sur l’emploi en cette période troublée.


Des situations contrastées

Force est de constater la variabilité des situations dans un contexte pandémique ayant impacté de manière très différente certains secteurs, comme en témoignait Caroline Tougayère, directrices Hommes et compétences chez le prestataire logistique GT Logistics, évoluant dans des domaines industriels variables : « La situation a été très contrastée d’un métier à l’autre. L’aéronautique et l’automobile où nous intervenons ont été frappés de plein fouet tandis que des secteurs comme l’alimentaire, la défense, et la chimie n’ont pas été impactés ». Indiquant avoir dû, sur la partie recrutement, faire évoluer les process de l'entreprise, Caroline Toyaguère précisait avoir néanmoins « continué à finaliser ou ouvrir certains postes durant la crise ». Sans surprise, les profils sur les segments de l'e-commerce, de la santé et de la grande distribution, ont été les plus demandés, explique Marie Dochy, senior manager de la division achat et supply chain du cabinet de recrutement de cadres Badenoch + Clark.  Cette situation inégale selon les filières est également relevée par Gaspard Schmitt, co-fondateur de la plateforme française de mise en relation pour le travail temporaire, Side : « La supply chain en grande distribution nous a sollicités sur trois fois plus de missions entre mars et avril. Nous avons également eu beaucoup de demandes dans la logistique e-commerce ». Autre élément notable relevé sur les métiers « de terrain » durant le confinement : un très fort taux d’absentéisme mais « depuis début juin un retour progressif à la normale » avec une stabilisation des équipes : « Les entreprises qui retenaient davantage les profils durant cette période étaient celles qui mettaient le mieux en place les mesures barrières : prise de température à l’entrée et sortie, système de pause en différé… », analyse Gaspard Schmitt.

 

Une nécessaire agilité

La crise aura ainsi montré la nécessité de se montrer réactif et agile. « Certains de nos sites ont été confrontés à des pics d’activité, nous avons dû leur apporter des solutions immédiates avec la priorité absolue qu'était la sécurité des collaborateurs. Il a fallu prendre conscience de cette responsabilité et ne pas attendre un protocole, sinon nous n’aurions jamais eu la réactivité nécessaire sur nos centres. Cela nous a renforcé en termes de cohésion et nous avons l’impression d’avoir passé une énorme vague, mais nous continuons à être extrêmement vigilants », confirme Caroline Tougayère. Marie Dochy, parle à cet égard de « détonateur d’agilité pour le secteur », évoquant l’exemple d’un prestataire logistique et transport peu enclin du télétravail, s’étant montré capable, en un week-end pendant le confinement, de mettre en place de nouvelles routines de management à distance : « Il y a clairement eu un changement de mentalité. On a compris qu’on pouvait être efficace et engagé même si on n’était pas au même endroit au même moment et le rôle clé du manager a été de savoir garder une connexion », analyse-t-elle. « Le télétravail est maintenant quelque chose qui s’est imposé et que l’on s’est approprié, corrobore Sébastien Perdereau, practice manager au sein du cabinet de recrutement Michael Page. Il s’agit d’un superbe outil à condition de savoir le gérer, en évitant ses excès et la pression que cela a pu créer sur les salariés. Il est essentiel de communiquer sur la situation de l’entreprise, ses enjeux. Cela passe par la projection dans l’avenir et de travailler sur le développement personnel des compétences. »


Quant à l’automatisation, à la question de savoir si la crise aura accéléré son développement, Sébastien Perdereau répond : « C’est évident, il va y avoir un impact. D’une part parce que les acteurs de retail par le canal e-commerce se sont aperçus de son absolue nécessité. D’autre part, parce qu’on a vu que c’était la solution pour pallier le manque de ressources, notamment sur les bassins franciliens ». Le practice manager de Michael Page entrevoit néanmoins la cessation des projets de très grande ampleur dans ce domaine, au profit de solutions plus légères de systèmes robotisés. Chez GT Logistics, on n’a pas attendu la crise pour mettre en place des projets de digitalisation et d’automatisation : « Les processus étaient déjà là. En revanche sur le plan administratif, certains développements en cours ont en effet été boostés, sur la dématérialisation notamment. Mais nous avons besoin de contacts humains pour performer », témoigne Caroline Tougayère. Un point également soulevé pat Gaspard Schmitt : « Concernant l’automatisation, on observe sur notre plateforme des métiers d’opérateurs qui évoluent, se diversifient mais qui ne disparaissent pas en tant que tel. Il s’agit de métiers qui se transforment où la technologie entoure l’opérateur ».

 

Retour à la normale

Plus d’un mois après le début du plan de déconfinement en France, les voyants semblent aujourd’hui au vert en matière de recrutement dans la filière. « En moins de deux semaines, à partir de début mars, quasiment la moitié des offres ont disparu. Autour du 13 avril a eu lieu une reprise d’activité sur l’ensemble des profils et, depuis deux semaines, nous avons retrouvé des niveaux conformes à la normale. On revient vers nous pour des recrutements qui auraient dû se faire courant 2020 mais que la crise a accéléré, sur des postes en distribution, transport, des projets lean. Des besoins s’expriment en postes de directeurs d’exploitation et de sites logistiques…», détaille Sébastien Perdereau. Cette bonne nouvelle annonce-t-elle également une mise en lumière de l’attractivité du secteur ? La situation pourrait en effet avoir évolué estime celui-ci : si son cabinet de recrutement a enregistré une baisse de 40 % des candidatures au pire de la période, il a dans le même temps vu apparaître de nouveaux profils issus de la production, de la qualité, du conseil « que l’on voit normalement assez peu et qui avaient pris le temps de se poser et de réfléchir durant cette crise ». Avec le contexte pandémique, les métiers de la supply chain auront ainsi été valorisés tandis que les fonctions émergentes devraient se confirmer à l’avenir : « Avec l'Aslog, nous pensons que les postes de risk manager supply chain et de manager économie circulaire devraient apparaître », termine Sébastien Perdereau.

BUZZ LOG
“Ceux qui possédaient des supply chains matures, dotées de technologies avancées pour une vision de bout en bout, ont su se montrer plus résilients, plus longtemps”
— Olivier Bonneau, associé supply chain chez Deloitte
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