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Une nouvelle convention entre VNF et Haropa Port pour le développement du transport fluvial

10.11.2021 • 18h00
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VNF

Voies Navigables de France et Haropa Port ont signé le 10 novembre une convention de partenariat pour l'innovation et le développement du transport fluvial sur la Seine. D'une durée de trois ans, elle traite à la fois des sujets d'innovation, de transition énergétique, de promotion ou encore de services aux usagers.

Pour Voies Navigables de France, 2021 aura été une année de mise en lumière. Après la signature d’une convention avec SNCF Réseau en janvier 2021 pour une alliance entre le fer et le fleuve, VNF poursuit son travail de collaboration en signant avec Haropa Port une autre convention de partenariat, en faveur de l’innovation et du développement du transport fluvial sur la Seine. Cette dernière, paraphée par Thierry Guimbaud, directeur général de VNF et Stéphane Raison, directeur général de Haropa Port, a eu lieu le 10 novembre 2021 à l’issue d’une matinée d’échanges autour de la logistique fluviale de l’axe Seine, avec dans l’idée de « changer les idées reçues » sur ce mode de transport. Un rendez-vous mené autour de discussions traitant de ses enjeux, de la digitalisation du secteur, de ses priorités, de sa transition écologique mais aussi industrielle. Le tout pour « intégrer un regard nouveau sur le fleuve », à un moment charnière pour l’axe Seine, au cœur du dispositif des travaux du Grand Paris Express et de la tenue des Jeux olympiques en 2024.


Un potentiel stratégique

Avec la signature de cette convention, VNF et Haropa Port entendent travailler à l’accroissement de la part du fluvial le long de la vallée de la Seine en élargissant le nombre de filières qui en font usage et en favorisant le recours au report modal. Cette ambition rentre évidemment de plain-pied dans la stratégie de lutte contre le changement climatique et s’intègre également à la mise en valeur de l’attractivité des ports séquaniens avec la perspective de la mise à grand gabarit de la liaison fluviale Seine-Escaut. « Parce qu’il décongestionne la route et dessert nos territoires tout en polluant peu, le fluvial est un mode de transport d’avenir. Nous devons collectivement œuvrer à son développement et c’est là tout le sens des engagements des deux opérateurs publics. Avec ce partenariat, ils unissent leurs forces pour mettre en œuvre de façon concrète et opérationnelle des solutions pour le développement du fluvial sur la Seine dont le potentiel est stratégique », commente le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Un potentiel stratégique car représentant un bassin de consommation de 25 millions d’habitants qui a déjà transporté 22 millions de tonnes de marchandises sur la Seine en 2020, soit l’équivalent de 16 000 km de poids lourds mis bout à bout.

 

Une convention sur trois ans

La convention de partenariat pour l'innovation et le développement du transport fluvial sur la Seine vient définir les principaux axes de travail issus de la collaboration entre VNF et Haropa Port. Ceux-ci concernent le développement du mode fluvial pour le fret et pour le transport de passagers/croisiéristes ; la transition énergétique de l’activité fluviale ; le déploiement des services aux usagers ; l’innovation du transport fluvial ; la performance du réseau ; la mobilisation et valorisation domaniale conjointe ; une promotion commune en faveur du fluvial ; ainsi que le partage de données statistiques et opérationnelles. Le tout sur une durée de trois ans. « Cette convention identifie les axes qui doivent structurer nos actions dans ces trois prochaines années et à côté de ces axes nous avons un certain nombre d’actions prioritaires pour nos deux établissements », indique Dominique Ritz, directeur territorial de VNF Bassin de la Seine. Une durée reconductible, car la collaboration ne se limite pas à cette date anniversaire, stipule Thierry Guimbaud : « Cette convention, il faut que nous puissions en faire un document extrêmement vivant et j’ai formulé le vœu que, tous les ans, nous organisions un évènement ou nous rendions compte de ce que nous avons fait ».


Car ce n’est pas un document « pour se faire plaisir », rappelle Stéphane Raison, mais pour servir les clients et faire en sorte que le transport fluvial continue son développement, déjà fort depuis le début de l'année : « Les trafics sur l’axe Seine et sur la zone de Paris sont en hausse de 16 %. En plus des travaux du grand Paris et l’arrivée des JO, on a également, après la période Covid, des éléments qui montrent que les chargeurs et les opérateurs s’intéressent au fluvial. Et on se rend compte que le driver environnemental et réglementaire qui nous manquait jusqu'ici encore un peu, est arrivé avec la loi Climat Résilience ainsi qu’avec la mise en place des ZFE dans les grandes agglomérations. Sur le bassin de la Seine, que ce soit à Rouen ou à Paris, la ZFE va avoir des retentissements extrêmement importants », juge Stéphane Raison qui souhaite voir le fluvial « entrer dans les mœurs ».

 

Transitions industrielle et écologique

Autre sujet opérationnel et axe de collaboration : la transition industrielle, avec le retour d'activités qui avaient disparu de l’axe Seine. Pour y parvenir, un nécessaire travail en commun entre VNF et Haropa Ports est attendu : « Si l'on n’est pas capable d’offrir des terrains équipés et des zones de compensation, nous n’arriverons pas à cette industrialisation ». Et il faut que celle-ci s’accompagne évidemment d’une transition écologique, avec divers plans d’action autour de nouveaux carburants et motorisations. Des sujets importants pour les transporteurs et les chargeurs, sur lesquels plusieurs projets communs sont en cours sur le bassin séquanien : Avicafe Seine, pour le déploiement de carburants alternatifs, ou encore le projet européen H2Ships, qui expérimente l’hydrogène comme carburant alternatif dans le transport fluvial.

 

Pour travailler à la réalisation de ces ambitions, VNF peut compter sur une partie de l’enveloppe de trois milliards d’euros, après la signature avec les ministres de l’Economie et des Transports en avril dernier, d’un COP (contrat d’objectifs et de performance). Avec une trajectoire d’investissement indiquée jusqu’à 2029, les financements seront déterminés tous les ans, « D’ores et déjà, je peux vous dire que cette année et l’année prochaine, nous allons bénéficier de plus de 300 millions d'euros sur le réseau fluvial dans notre pays, ce qui est le double du niveau atteint dans la décennie qui précédait », termine Thierry Guimbaud.

 

De g. à d. :  Dominique Ritz, directeur territorial de VNF Bassin de la Seine ; Stéphane Raison, directeur général de Haropa Port ; Thierry Guimbaud, directeur général de VNF; et Antoine Berbain, directeur général délégué de Haropa Port de Paris

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